The Umbrella Academy, une affaire de famille géniale et déjantée

Florent D. - 22.02.2019

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Umbrella Academy Netflix - comics Umbrella Academy - adolescents super pouvoirs


Une équipe de bras cassés, des enfants exceptionnels, nés le même jour – sacré bazar pour célébrer les anniversaires ! – et une académie pour former ces super-héros. The Umbrella Academy est la dernière sortie de Netflix, diffusée depuis le 15 février. En 10 épisodes, les personnages farfelus, fracassés et attachants, subliment le comics de Gerard Way, illustré par Gabriel Bá.


 

Loin de ce goût mitigé que laissait la version cinématographique de la Ligue des gentlemen extraordinaires ou plus récemment les Watchmen, The Umbrella Academy fait plaisir à voir. Ou bien faut-il admettre qu’Alan Moore, scénariste de la Ligue et de Watchmen, n’a définitivement pas de chance avec ses adaptations. 
 

43 enfants exceptionnels : leurs mères n'étaient pas enceintes


L’histoire tourne autour de sept frères et sœurs, nés en 1989 comme 36 autres enfants, de femmes qui n’étaient manifestement pas enceintes avant l’accouchement. Un excentrique fortuné, Sir Reginald Hargreeves, va ainsi adopter sept d’entre eux et les entraîner pour créer un groupe de super-héros. Dont la vocation est bien entendu de sauver le monde. 

Du parcours initiatique à l’âge adulte, la série commence sur la mort mystérieuse, aux yeux de Numéro 1 – oui, on n’a pas de nom, à l’Umbrella Academy, juste un numéro. Une réunion de famille improbable après des années de silence, sans aucun contact. 

L’un d’entre eux, numéro 5, avait disparu 17 années plus tôt, ébranlant l’édifice que soutenait ce père dictatorial et cruel. De par son pouvoir, il décide d’expérimenter le voyage dans le temps : mauvaise idée, il restera coincé dans le futur. Quand il réapparaît, tout le monde a vieilli, sauf lui – ou son double quantique, du moins – et il débarque avec une mauvaise nouvelle : dans une semaine, le monde sera détruit... 


 
Ce qui change des traditionnels regroupements de super-héros aux pouvoirs de mutants ou non, réside d’abord dans la fragilité des personnages. Fracassés, pour dire le moins, totalement destabilisés et émotionnellement brisés serait plus proche du réel. Des adolescents qui ont grandi dans la frustration d’une famille artificiellement composée, avec les envies, les colères et les jalousies mal dissimulées. 

 

Comment détruire un adolescent en quelques années...


Et au milieu, il y a Vanya, sans cesse rabaissée par le père, reléguée loin de ses frères et sœurs, parce qu’elle n’a manifestement aucun pouvoir. 

« On ne se voit qu’aux mariages et aux enterrements », premier épisode de la série, donne un rythme rapide et immédiatement monte la sympathie pour les protagonistes. Ces enfants maltraités, vivant reclus, sortant pour affronter les criminels, sont loin d’un schéma de super-héros traditionnel.

Et c’est une douleur mêlée de chagrin qu’ils ont transportée tout au fil de leur adolescence. 

C’est aussi cette douce ambiance sans portables ni internet qui convainc. Une atmosphère américaine, certes, jouant des codes de la société et de ses références – tout en sortant de son chapeau des tueurs venus du futur, pour s’assurer que personne n’allait empêcher la fin du monde. Ce qui est prévu doit être. Point.

Au terme des 10 épisodes, ces enfants dans des corps d’adultes, au caractère de merde – si, si, quand même, de merde – nous deviennent si touchants qu’on les adopte sans peine.

Une belle réussite de Netflix ici : cette affaire de famille suit un scénario enthousiasmant, avec une excellente réalisation de Steve Blackman. Hautement recommandable...


 

Chance pour celles et ceux qui aiment comparer méticuleusement, les éditions Delcourt rééditeront le 27 février cette saga, Umbrella Academy Tome 1 ; La suite apocalyptique. 


Commentaires
Alan Moore a plusieurs fois regretté la qualité des adaptations au cinema (V pour Vendetta, watchmen, etc...) et il est pas le seul. Franck Miller lui aussi voulait à l'époque interdire toute adaptation après plusieurs catastrophes mais heureusement Robert Rodriguez a réussit à le convaincre du contraire.
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