Théâtre de l'Odéon : Olivier Py défend son bilan

Clément Solym - 11.04.2011

Culture, Arts et Lettres - Expositions - olivier - py - luc


Depuis l’annonce du remplacement d’Olivier Py par Luc Bondy, le conseil d’administration du théâtre ainsi que quelques autres acteurs du monde culturel se sont mobilisés pour montrer leur incompréhension. (notre actualitté)

Si le ministère de la Culture s’est abstenu de tout commentaire, différentes figures du théâtre se sont exprimées ces derniers jours sur le sujet : Patrice Chéreau ou encore Daniel Auteuil ne comprennent pas l’application d’une telle mesure envers Olivier Py, dont ils approuvent les chantiers.


Olivier Py a finalement pu défendre son bilan : « Je suis viré pour avoir réussi […] j’avoue ne pas comprendre » a-t-il expliqué à l’AFP. « En général un deuxième mandat est pratiquement automatique, sauf en cas de dysfonctionnement grave, donc j’étais tout à fait confiant. »

En effet, dans toute l’histoire de l’Odéon, c’est la première fois qu’un directeur n’est pas reconduit. De quoi se poser des questions, d’autant plus qu’Olivier Py a parfaitement bien dirigé l’établissement depuis qu’il en a la charge, au point d’être congratulé par le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand. Celui là même qui le congédie aujourd’hui…

"Fier de mon bilan"

Il avoue d’ailleurs : « Je suis fier de mon bilan. Je ne le dis pas simplement pour moi mais pour mes équipes qui ont mené cette maison à un endroit où elle n'était pas. Le taux de fréquentation est optimal : 82%, 10.000 abonnés, 150.000 spectateurs avec des œuvres exigeantes. »

De plus, Py a obtenu d’importantes subventions (5 millions d’euros sur 5ans) dont la moitié est financée par la commission européenne. « Pour la première fois, le théâtre de l'Europe a enfin de l'argent de l'Europe ! » continue Olivier Py, qui semble rire jaune, « Si le président de la République signe mon départ c'est un beau cadeau que je fais à mon successeur. Il va avoir les moyens de travailler ! »

Pourtant, Mitterrand a insisté sur le fait que Luc Bondy, le remplaçant d’Olivier Py, devra mettre l’accent sur le développement de partenariats européens. Ce que notre futur ex-directeur prend comme une négation de son propre travail et des avancées qu’il a faites dans ce domaine : « Je ne peux pas laisser dire que le travail européen n'a pas été fait alors que c'est tout l'inverse. »

Préservez les accords passés
!

Comme dernière volonté, Olivier Py a demandé à Frédéric Mitterrand de « veiller à ce que le partenariat avec l'Éducation nationale ne soit pas démantibulé car c'est 850 heures d'intervention en milieux universitaire et scolaire », en effet depuis qu’il en est à la tête, le théâtre se met à la portée des élèves et des étudiants.

D’ailleurs, Py est actuellement en tournée sous sa casquette de metteur en scène, dans des lycées du sud de la France où il présente Les Perses, d'Eschyle : « c'est bien cela mon idée du théâtre populaire : amener un public large et diversifié socialement à des œuvres exigeantes. »