Théâtre : Les Bonnes de Genet

Clément Solym - 09.06.2011

Culture, Arts et Lettres - Théatre - bonnes - genet - déchargeurs


Dans le huis clos de la demeure, les bonnes vont et viennent entre les tâches ménagères et les bons soins de Madame. Deux sœurs, interprétées avec profondeur et passion par Mathilde Chouffot et Sara Summa, deux jeunes femmes enfermées dont les rêves ne cessent de les mener hors des murs, loin de Madame qui pourtant « est bonne » et si « douce »

Dans une version originale de la pièce de Genet, les actrices déambulent, et font déambuler Madame, tirée par des ficelles. On ne sait plus qui manipule et qui est manipulé dans ce jeu aux multiples rôles.

 © Sébastien Canaud


La Dame toute puissante se trouve, aux sens propre et figuré, entre les mains agiles des deux petites bonnes qui, elles-mêmes, ne peuvent se résoudre à tuer celle qui les tue à force de bonté et de douceur.

« Madame est bonne, Madame est douce », « vous êtes belle ! », « je vous aime ! »

Les mots d'amour s'échappent avec fougue du cœur qui hait avec passion. Mais l'on ne pourra s'y résoudre et « Madame s'échappe » elle aussi, quand les bonnes restent seules, à la maison.

Alors, l'absence de Madame, tant désirée, devient insupportable et l'on ne peut que l'inventer, la recréer en portant ses robes, en s'emparant de sa bonté, de sa douceur. Lui volant jusqu'à son port de reine et son mal d'amour inconvenant, lui volant jusqu'à sa mort fière et tragique, digne d'une Dame. Pas d'une bonne.

La mise en scène de Pierangelo Summa apporte un jour nouveau au texte bien connu de Genet. Avec un jeu outrancier qui exprime l'oppression de l'enfermement et le désir de liberté jusqu'à ne plus contrôler ni mouvement, ni paroles. Quelques accessoires clefs posent l'intrigue : les robes de Madame, richesse convoitée et base du jeu de rôles. Un réveil qui rappelle à la réalité et sonne la fin de partie, un téléphone, unique contacte avec l'extérieur… Le choix de la marionnette apporte beaucoup à la pièce, tant au niveau symbolique qu'esthétique, pour le rôle omniprésent de la maîtresse de maison.

Sans doute une des meilleures pièces de la saison aux Déchargeurs !

Une création de la compagnie Racine de Deux.




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