Tourisme, voyages et récits d'aventure : un Square d'exotisme à Paris

Nicolas Gary - 16.09.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Bertrand Morisset - salon du livre - tourisme voyages


Le café des Éditeurs, qui vient de rouvrir ses portes (VIe arrondissement, les croissants sont sympas), accueillait ce matin une conférence de presse de l'organisateur du Salon du livre de Paris. L'occasion de rappeler quelques bonnes choses sur la manifestation parisienne, mais également de présenter l'arrivée d'un nouveau Square. Consacré au tourisme, voyage et récits d'aventures, il ouvre plus largement le champ éditorial mis en avant.

 

 

Square Tourisme Salon du livre de Paris 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

La porte de Versailles, juste après la Foire aux Bestiaux, accueille le Salon du livre depuis quelques années maintenant. Si de vastes travaux sont prévus cette année, le Salon assure qu'il ne sera pas impacté. Lieu de convergence pour le grand public, mais également pour les professionnels, il cherche, cette année, à se renouveler, comme l'explique son commissaire général, Bertrand Morisset. 

 

Mettre en relation des acteurs internationaux, au travers de relations professionnelles et institutionnelles, « tout en sachant accueillir le grand public, venu pour les auteurs et les livres, c'est la force du Salon », assure-t-il. Et si les quatre jours durant, la manifestation fait salle pleine, avec 200.000 visiteurs, « nous sommes dans l'impossibilité d'en accueillir plus, mais nous cherchons toujours à les accueillir mieux ». 

Tourisme, voyages et récits d'aventures seront l'un des cinq grands axes de cette édition 2015. Dans le domaine du livre, les données 2013 sont de 8,2 millions de titres vendus, pour 1938 nouveautés et 116 millions € de chiffre d'affaires, et une croissance des guides touristiques et régionaux de 2,8 %. Et mettre le métier à l'honneur, c'est rappeler qu'il « nécessite une offre intelligente des éditeurs, une compréhension du pays, et des personnes sérieuses pour en parler ».

 

Ce Square comptera quatre espaces distincts, répartis sur 400 m² : un endroit pour les éditeurs qui souhaiteront s'y rendre, une librairie thématique, un espace d'animation et une zone pour les dédicaces. « Ces Squares, à l'image de la réussite incontestée du Square culinaire, donnent l'occasion d'un éclairage particulier. Ils profiteront de lancements spécifiques, de communication à la presse et notamment d'interventions sur les différents réseaux à la disposition du Salon », nous précise le commissaire en fin de présentation. 

 

Cette communication web, plus généralement, « sert avant tout à attirer les lecteurs et mobiliser leur attention sur les livres et les auteurs. Nous avons repositionné notre action sur ces outils sociaux, et allons travailler à mieux sensibiliser les visiteurs. Faire un selfie avec les frères Bogdanov, c'est bien, mais acheter leur livre, c'est tout aussi intéressant. »

 

De même, ce nouvel espace sera un passage particulier pour les personnalités politiques qui se rendent au Salon. « C'est un témoignage de ce que la France peut offrir, que personne ne doit négliger. » Toute une production, avec ses spécificités, et autant d'occasions d'ouvrir des portes vers de nouveaux partenaires : « Les dirigeants brésiliens, les auteurs brésiliens, parlent anglais, mais beaucoup d'entre eux parlent français. Le tourisme, et les guides de voyages sont autant de regards que l'on porte sur leur pays, et que nous voulons mettre en valeur, puisque le Brésil est notre invité d'honneur. »

 

 

Square Tourisme Salon du livre de Paris 2015

ActuaLitté CC BY SA 2.0

 

 

Une aspiration qui ne se limite pas à ce seul axe : « Le Salon permet aux éditeurs français de montrer au monde la qualité de la production littéraire nationale. » Mais la littérature représente peu ou prou 25 % du chiffre d'affaires de l'édition : « Tant d'autres productions sont à présenter... Le Salon ne veut rien inventer : son rôle est d'être passeur, de fédérer l'ensemble de la profession »

 

Pour le reste de la manifestation, les informations viendront au fur et à mesure, mais ce qui est d'ores et déjà réaffirmé, c'est cette volonté de diminuer les sollicitations du public. « Nous avons eu cette prise de conscience, que nous offrions trop d'animations, qui finalement écrasaient l'attention portée aux ouvrages. Quand Fabrice Luchini lit un texte de Céline, c'est passionnant, mais cela ne fait pas vendre plus de livres de Céline. » En revanche, deux auteurs qui échangent, sur leurs écritures, la société, ce sont des occasions d'autant plus agréables de faire connaître leurs propres livres.  

 

« Nous voulons favoriser des rencontres intimistes, plutôt que des grands, de trop grands parfois, espaces d'animations plurielles. » Après tout, un visiteur passe en moyenne six heures sur le Salon...