Trois femmes récompensées, opposantes à la misogynie d'Arabie saoudite

Nicolas Gary - 17.03.2019

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - femmes Arabie saoudite - liberté expression femmes - prison droit femme


Le PEN America vient de rendre hommage à trois militantes des droits des femmes d’origine saoudienne. Leurs arrestations, l’an passé, avaient été condamnées dans le monde entier : Nouf Abdulaziz, Loujain al-Hathloul et Eman al-Nafjan ont ainsi remporté le prix PEN/Barbey pour la liberté d’écriture. 

Eman Al-Nafjan et Loujain Al-Hathloul. Les photos de Nouf Abdulaziz sont interdites, pour des raisons de sécurité.


Créé en 1987, le prix remis par l’organisation mondiale de défense de la liberté d’expression, et plus spécifiquement des écrivains, est un hommage au combat de ces trois femmes. Incarcérées pour avoir « porté atteinte à la sécurité » du royaume sadouien, elles avaient porté une voix d’opposition inattendue sur le territoire. 

En Arabie saoudite, les femmes ont interdiction de conduire, sont limitées dans les voyages qu’elles ont l’autorisation de faire seul, ou encore ne peuvent suivre de cours, sans l’approbation d’un tuteur masculin. 

Le prix du PEN a été décerné dans un contexte plus large encore, de scandale international : en effet, le prince héritier, Mohammed ben Salmane est accusé d’avoir fomenté le meurtre d’un journaliste du Washington post, Jamal Khashoggi, en octobre 2018. Au point de provoquer le remboursement d’investissements saoudiens, désormais considérés comme de l’argent souillé par le sang.
 

Un territoire notoirement misogyne


Soulignons d’ailleurs que, dans le cas de Loujain al-Hathloul, un procès s’est ouvert à Riyad, devant le tribunal pénal. La jeune femme de 29 ans, arrêtée le 15 mai 2018, avait réalisé une vidéo dans laquelle elle conduisait une voiture, seule. Un tabou sociétal de premier ordre dans le pays. 

Ironie du sort, l’interdiction avait été levée un mois à peine après son arrestation. Elle pourrait être poursuivie pour terrorisme — on rêve ! — et encourrait alors jusqu’à 20 ans de prison. 
 


Suzanne Nossel, PDG de PEN America, appelait, lors de l’annonce du prix, à ce que cessent les comportements répressifs des gouvernements. « Ces courageuses femmes, ont lancé un défi à des gouvernements connus comme les plus notoirement misogynes au monde [… pour] libérer toutes les femmes saoudiennes d’une forme de servitude médiévale qui n’a pas sa place au XXIe siècle. »

La remise doit se faire au cours d’une cérémonie qui se déroulera à Manhattan le 21 mai. Pour l’heure, on ignore qui viendra chercher les récompenses pour ces femmes. 


Commentaires
À quand un prix pour les femmes juives interdites de prier avec les hommes aux mur des lamentations à jerusalem,pour les femmes palestiniennes qui luttent contre l'apartheid de l'entité sioniste israélienne. On ne récompense jamais ces femmes car comme d'habitude tout est politique et orienté contre les pseudos ennemis selon les médias.
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