Tunis et Tokyo, deux libraires francophones congratulées

Clément Solym - 17.03.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - librairie francophone - insignes - Frédéric Mitterrand


M. Yukio Okuyama de la librairie Omeisha à Tokyo et Mme Selma Jabbes de la librairie Al Kitab à Tunis ont tous deux été salués par le ministre de la Culture, qui leur a remis, ce 16 mars, l'insigne de chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres. La librairie francophone, ainsi reconnue, méritait bien une décoration, à défaut d'une messe...

 

C'est pour « rendre hommage aux libraires francophones à l'étranger afin de mettre en valeur leur engagement en faveur de la diffusion de la création littéraire et intellectuelle en langue française dans le monde » que Frédéric Mitterrand a convié ces deux représentants de la librairie indépendante, à l'étranger. L'occasion également pour le ministre de rendre hommage à l'Association internationale des libraires francophones (AILF), qui fête ses dix ans d'existence cette année. 

 

Frédéric Mitterrand, en compagnie de Francis Esmenard, grand patron d'Albin Michel

 

 

« Cette association réalise un important travail pour favoriser la circulation et la diffusion de livres en langue française et développer les échanges et l'entraide entre les libraires francophones », souligne la rue de Valois. 

 

Dans la suite de son communiqué, le ministère note également : 

 

Les libraires étrangers, qui choisissent de faire connaître à leurs publics la production éditoriale en langue française dans toute sa richesse, sont des acteurs importants qui nourrissent les échanges culturels entre la France et leur pays et contribuent à promouvoir la diversité culturelle et linguistique.

 

Compte tenu de leur rôle essentiel pour la diffusion du livre français, les librairies francophones à l'étranger bénéficient d'un soutien spécifique du ministère de la Culture et de la Communication, principalement à travers une prise en charge d'une partie des coûts d'acheminement des livres. Cette aide qui s'élève à plus d'un million d'euros par an bénéficie à plus de 350 libraires dans le monde. En outre, le Programme PLUS permet, depuis sa création en 1988, aux étudiants d'Afrique francophone subsaharienne, de Haïti, des Comores et de Madagascar, d'acquérir des ouvrages universitaires en langue française à des prix bonifiés. Enfin, les librairies francophones à l'étranger bénéficient d'une aide à l'enrichissement et la valorisation de leurs fonds à travers le Centre national du livre.

 

Ces dispositifs de soutien contribuent à assurer la stabilité de l'exportation du livre français à l'étranger. En 2011, malgré un contexte économique très difficile dans beaucoup de pays, les exportations représentent un chiffre d'affaires de 644 M (hors DOM-TOM). La part des exportations € vers les paysfrancophones n'a cessé d'augmenter au cours de la dernière décennie et représente aujourd'hui 74,3% du total des exportations. Le Japon, pays à l'honneur de cette édition du Salon du livre, est au septième rang des pays non francophones importateurs de livres français.

 

Alors, évidemment, saluer un libraire japonais était de première importance, alors que le pays est l'invité d'honneur du Salon du livre pour cette édition 2012. Difficile également de passer outre un pays du Maghreb, après le vent de colère des printemps arabes. Mais, aurait-on pu suggérer au ministère d'avoir un peu plus de finesse, et de rendre hommage également à un libraire francophone de... Moscou, la ville qui est à l'honneur cette année ? 

 

Ou bien manquait-on, à Valois, de petites medailles, pour remercier tout le monde ? D'autant plus que la librairie Pangloss, par exemple, située à Moscou, compte parmi les acteurs partenaires du BIEF. 

 

Ca se réglera à coup de patate fermetée...