Un biopic sur l'auteur du Magicien d'Oz, L. Frank Baum

Cécile Mazin - 23.09.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - L. Frank Baum - Magicien Oz - Wizard Oz


L'auteur n'avait certainement rien demandé, fort heureusement, il est mort et personne ne sollicitera son avis : L. Frank Baum, à qui l'on doit le célèbre Magicien d'Oz, fera l'objet d'un film, un biopic, dont New Line Cinema a racheté le script. Concentré sur les premières années de sa vie, il racontera la vie d'une figure aujourd'hui controversée aux États-Unis : un écrivain défenseur du féminisme...

 

 

The Wizard of Oz (1939)

Insomnia Cured Here, CC BY SA 2.0

 

 

Road to Oz a été scénarisé par Josh Golden, finaliste 2014 de la bourse Academy Nicholl Fellowships dans la section écriture de scénarios. Le tout sera réalisé par Beau Flynn, qui avait travaillé, notamment sur Requiem for a Dream ou encore Voyage au centre de la Terre. Le Lion, l'Épouvantail et l'Homme de fer ne se retrouveront toutefois pas dans le film.

 

Baum est connu pour avoir milité en faveur du droit de vote des femmes, et défendu fermement le mouvement féministe. C'est probablement l'influence de sa belle-mère qui se retrouve dans ces prises de position assez inédites à son époque. Matilda Gage, la belle-mère, est morte avant la publication du Magicien.

 

Né en 1856 à Chittenango, dans l'État de New York, Baum vécut dans une famille très pieuse. D'origine allemande, écossaise et irlandaise, il était le septième enfant d'une famille de neuf. Son père avait fait fortune dans la vente de pétrole, lors de la ruée vers l'or noir en Pennsylvanie, et il passa une grande part de sa scolarité dans un apprentissage donné chez lui. Son parcours scolaire s'achèvera rapidement après deux années passées à l'académie militaire de Peekskill, dont il sera renvoyé. A l'âge de 17 ans, il réalisera son premier journal, avec l'imprimante de ses parents. 

 

Or, justement, dans cet ouvrage, la figure du féminisme reste passablement ambiguë, comme l'ont montré plusieurs études sur l'oeuvre. 

La deuxième partie, Le Merveilleux Pays d'Oz (1904), était bizarrement inconnue du public français. On en est moins étonné après l'avoir lue : son caractère déjanté ne pouvait que heurter les esprits qui n'acceptaient en littérature de jeunesse que des œuvres « sages ». L. F. Baum anime tout et surtout n'importe quoi; il crée des êtres composites et monstrueux, grotesques et angoissants, qui se déplacent avec difficulté et parfois au prix d'acrobaties laborieuses.

 

L'autre aspect étonnant du texte est son anti-féminisme : l'épouvantail, devenu roi de la cité d'Oz, est chassé du trône par une bande de filles déchaînées, armées d'aiguilles à tricoter qui réduisent les hommes en esclavage (c'est-à-dire qu'ils font les tâches ménagères…). La fin de l'histoire présente une métamorphose magique d'un garçon en fille, ce qui a dû sembler encore plus inconvenant aux éditeurs français. (voir sur Li&Je)

Si l'on a principalement retenu Le Magicien d'Oz dans la bibliographie de Baum, il est auteur de treize titres qui suivirent, et fut également acteur et réalisateur de films indépendant. Pour Oz, il travailla avec l'illustrateur William Wallace Denslow, à un livre pour enfant qui aujourd'hui compte parmi les classiques de la littérature pour enfants. C'est d'ailleurs avec un tout autre illustrateur, John Rea Neill, que Baum poursuivra l'illustration du livre, dans sa deuxième partie. (via Hollywood Reporter)