Angoulême : 'Qu'on arrête avec l'hystérie' autour de 9e Art+

Nicolas Gary - 08.06.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - FIBD Angoulême - bande dessinée - 9e Art +


C’est un communiqué en forme de tribune que le Syndicat des éditeurs alternatifs de bande dessinée a diffusé la semaine passée. Un message qui s’inscrit presque en réaction alors qu’une pétition réclame plus de transparence dans l’organisation du Festival international d’Angoulême. Un groupement qui se présente comme Les Indignés de la bande dessinée a en effet mis le feu aux poudres.

 

Marche des auteurs à Angoulême

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

D’un côté, donc, des professionnels et amateurs de BD, qui invitent à dénoncer le contrat qui lie la société 9e Art+ à la ville ; de l’autre, le SEA, syndicat constitué quelques semaines avant l’édition 2015 de la manifestation. Jean-Louis Gauthey, représentant du SEA, joint par ActuaLitté, tient avant tout chose à rappeler plusieurs points. 

 

« D’abord, il faut arrêter : l’association du FIBD est légitime, dans son rôle, quand elle décide de travailler avec tel ou tel acteur, parce qu’elle est indépendante de la mairie. Et le contrat qu’elle passe avec 9e Art+ relève du droit privé. Il faut cesser de fantasmer sur de supposés détournements d’argent : rien n’a jamais été démontré sur le plan juridique ! » 

 

Cible régulière des attaques, la société 9e Art+ est en effet visée directement par la pétition des Indignés de la BD. Ces derniers demandent tout simplement à Patrick Ausou, le président de l’Association, de dénoncer le contrat qui les lie. Avec la volonté de remettre en avant les créateurs, de sorte qu’ils « redeviennent les âmes essentielles de cette manifestation », que les éditeurs soient « accueillis sérieusement et sereinement » et que les festivaliers soient « considérés comme autre chose que des porte-monnaie ».

 

Un comportement qui agace doucement le SEA : « Il serait bon que les politiques cessent également de faire pression sur l’Association. Devant l’hystérie qui se développe autour de 9e Art, on en oublie que les critiques ne manquent pas, et que le SNE, le SEA et d’autres n’hésitent pas à les formuler. » Et d’ajouter : « D’ailleurs, 9e Art+ en a globalement tenu compte. Mais qu’on les aime ou non, les équipes ont rendu la manifestation plus professionnelle. »

 

Quant à cette pétition, Jean-Louis Gauthey est clair : « Personne n’est dupe. Quand on ose faire une récupération pareille du mot “Les Indignés”, qui correspond à des mouvements sociaux, particulièrement revendicatifs, à travers le monde... et que cela sert des intérêts aussi minables et particuliers, je pense que l’on se décrédibilise. »

 

 

 

 

À ce titre, notons qu’une nouvelle réunion s’est déroulée le 5 juin, entre 9e Art+ et l’association, à la préfecture. Les responsables réunis, tant du côté des pouvoirs publics que des organisateurs, ont fait état d’une volonté collective d’en « finir avec les psychodrames ». A ainsi émergé, de nouveau, le projet d’une convention sur trois années entre l’association et la société. 

 

Manifestement, un consensus est donc trouvé : l’association devrait bien dénoncer le contrat, tout en renouvelant la société 9e Art+ pour la période définie. En parallèle, le comité fondé voilà quatre ans sera institutionnalisé, avec un arrêt préfectoral à la clef, pour « assurer la pérennité du festival, et son rayonnement », souligne Jean-Français Dauré, président de l’agglomération. (via Sud Ouest)

 

Au terme des trois années, un projet regroupant les acteurs territoriaux, ceux de la BD et l’association sera mis en place – projet à l’initiative du ministère de la Culture. 

 

Toute la difficulté du projet est de considérer qu’une société susceptible de répondre à un appel d’offres soit engagée dans la réflexion qui sous-tendrait ledit projet. Mais selon toute vraisemblance, dans le cas où l’appel serait obtenu, nul doute que le contrat serait dénoncé...

 

« Cette histoire de pétition est donc de l’histoire ancienne », en conclut Jean-Louis Gauthey. « Ça permet de reprendre un peu raison : les salariés travaillent bien, il faut le reconnaîtreCe qui ne signifie pas que les problèmes n’existent pas. Et si l’association décide de signer avec un autre acteur, dans un autre cadre, alors très bien. »