Un festival international de séries télévisées, voulu par Fleur Pellerin

Cécile Mazin - 17.12.2015

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Fleur Pellerin - séries télévisées - Laurence Herszberg


Ce serait un festival de Cannes, mais consacré aux séries télévisées, que Fleur Pellerin souhaite créer. Et pour ce faire, elle a confié à Laurence Herszberg une mission dont les conclusions sont attendues pour février 2016. La directrice du Forum des Images et du festival Série Mania aura donc à envisager la création d’une manifestation, d’ampleur nationale.

 

Mimi Cracra à la télévision

Mimi Cracra à la télévision - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Considérant le succès des séries aujourd’hui, le déploiement des offres par des opérateurs comme Netflix ou Amazon, la ministre souhaite mettre à l’honneur « un des genres majeurs de la production audiovisuelle ». 

 

À ce titre, elle souligne la vitalité de la création française, qui propose « des séries d’une grande qualité, attirant un public toujours plus large et participant tout à la fois à la promotion de la culture française et du savoir-faire français partout dans le monde ».

 

La mission ainsi confiée à Laurence Herszberg participe de l’engagement du ministère « en faveur de la création audiovisuelle ». Inventer le Festival de Cannes des séries télévisées serait alors une réponse aux attentes des consommateurs, autant que des professionnels. 

 

Le livre, une mine d'or pour les séries

 

Notons d’ailleurs que des acteurs comme Netflix et Amazon, puisent abondamment dans l’offre éditoriale pour la construction de leurs séries. On pourrait souligner l’accord entre Marvel et Netflix, autour des différents personnages de comics, qui deviennent rapidement de francs succès. De même, l’ouvrage de Michael Dobbs, House of Cards, a rapidement et librement été réaménagé pour devenir la saga de Frank Underwood, telle qu’on la connaît.

 

De son côté, Amazon n’est pas en reste : les romanciers américains les plus célèbres font l’objet d’un intérêt tout particulier. Tant en science-fiction avec Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick qu’avec Le dernier nabab de Scott Fitzgerald, la firme américaine recrute dans les œuvres de fictions de quoi abonder son offre audiovisuelle. 

 

Cette connexion entre le monde du livre et celui de l’audiovisuel répond aussi à des besoins déjà exprimés, et concrétisés, par le secteur de l’édition lui-même. En 2014, la SCELF, Société civile des éditeurs de Langue Française, que préside Olivier Bétourné (patron de Seuil), ouvrait au Salon du livre de Paris un premier marché des droits audiovisuels. 

 

Une quarantaine de maisons d’édition s’étaient retrouvées aux côtés de producteurs, réalisateurs et scénaristes durant la journée du 18 mars. 

 

Dans une étude présentée en 2013, la SCELF indiquait que 40 % des grands succès cinématographiques sont des adaptations de livres. Toutefois, pour les producteurs français, le recours à des adaptations d’œuvres littéraires semble être devenu une mesure de sécurité, en ce qui concerne les retours financiers. En sera-t-il autrement pour les séries télévisées ?


Tout cela ne fera cependant pas oublier que durant l’été, une guerre de tranchées avait mis dos à dos différents acteurs, autour de la présence d’œuvres sur les chaînes de France Télévisions. Une bataille rangée autour de l’audiovisuel, considérant que l’on assistait à un déséquilibre entre la création originale et l’adaptation d’œuvres. Le tout sur fond de rémunération des auteurs et créateurs...