Un festival littéraire "anti-mafia" en Calabre

Clément Solym - 25.07.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - Librio Abbate - trame literary festival - mafia


C'est bien connu, la Mafia en Italie c'est comme Rome et ces ruines. C'est très ancien, c'est implanté, c'est indissociable. Face à cette domination du « crime organisé », certains acteurs littéraires ont décidé, pour la deuxième année, de présenter le Festival du Livre d' « intrigue », en plein cœur de… la Calabre.

 

Alors que la première année semble avoir fait ses preuves, voici que Librio Abbate, directeur du Festival et sous protection après l'affaire « Benardo Provenzano », a choisi de continuer l'expérience cette année, fin juin. C'est à Lamezia Terme, sur la côte ouest de la Calabre, que s'est tenu l'événement durant cinq jours. Le lieu, où la mafia a une activité présente dans la vie des gens là-bas, semblait tout à fait approprié pour lancer un tel festival, que le site officiel qualifie fièrement comme « le premier événement culturel en Italie, dédié aux livres sur la mafia ».

 

 

Mafia

 

Tout a débuté, littérairement, avec le livre à succès Gomorroah de Roberto Saviano en 2006. L'auteur avait commencé par interviewer des membres de la Comorra. Depuis, un « boom littéraire » de livres sur la Mafia et ses homologues de région (la Comorra napolitaine, la Sacra Corona etc.) est reconnu en Italie, rapporte Melville House.

 

Des ateliers ainsi que des conférences entre auteurs et journalistes sont mis en place pour le public. Tout vise à l'interaction, et enfin, à la communication :

 

« La Calabre aujourd'hui, c'est Palerme il y a 30 ans, où vous ne pouviez pas dire le mot Mafia à voix haute », déclare M. Abbate. « C'est pourquoi nous sommes venus ici, amener des magistrats, des journalistes, des auteurs, pour essayer et casser le mur de l'omertà, « le code de silence qui a contrecarré l'application de la loi dans des régions dominées par les clans».

 

« C'est une façon pour les gens de se prononcer contre la mafia et leur règne de terreur », avait affirmé Elisabeta Povolada en décrivant le festival littéraire dans le New York Times.

 

Une initiative louable, donc. Un Festival « anti-mafia » pourtant dédié à l'organisation, comme pour réussir à mieux en parler. Ce n'est finalement pas un fait nouveau en Italie, puisque l'on connaît déjà l'engagement très politique et social de nombreux cinéastes. Pour l'exemple, vus lors du Festival italien d'Annecy, Une vie tranquille de Claudio Cupellini et Tatanka de Giuseppe Gagliardi offrent une lecture antimafieuse, avec un regard aiguisé et critique sur la vie en Italie.

 

Paris a connu lui aussi le mouvement contestataire ce même mois de juin 2012, alors que se déroulait le Festival du Livre d' « intrigue » à Lamezia Terme, avec l'expérience – encore cinématographique – de Libero Cinema in Libere terre, partie pour la première fois en terre étrangère, comme instrument d'engagement politique et social sur les terres confisquées aux mafias italiennes.

 

On est loin du Parrain et des gentils papis bedonnants.




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