Un grand attachement entre la ville de Brive et les auteurs

Nicolas Gary - 09.11.2013

Culture, Arts et Lettres - Salons - Brive la Gaillarde - Foire du livre - Alain Mabanckou


Ce samedi matin, le marché a envahi la place du 14 juillet, et s'est constitué autour de la tente qui héberge la Foire du livre de Brive. Si le vendredi, c'est une douce euphorie, le samedi matin, la foule est plus dense que jamais. On s'attend à ce que 100.000 visiteurs aillent à la rencontre des auteurs, et les maisons ne manquent pas de célébrités. Chez Robert Laffont, on aligne sur les tables de dédicaces Michel Drucker, PPDA, Régine Deforges ou encore Frédéric Mitterrand. 

 

 

Foire du livre de Brive la Gaillarde 2013 

Foire de Brive

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Alors que le coup de feu est lancé, Guillaume Delpiroux, commissaire général, nous parle de cet événement, auquel les gens sont particulièrement attachés. « Un moment particulier dans la vie de la ville », explique-t-il. Et on ne saurait lui donner tort : aux terrasses des cafés, on se moque gentiment des Parisiens arrivés par le train du livre ou l'on plaisante sur les livres qu'il faudra acheter pour les fêtes. Mais tout cela reste très sérieux : on ne badine pas avec la Foire. 

 

« Ce salon littéraire fête sa 32e édition : il s'est développé avec l'implication de libraires, de bénévoles et grâce à la Ville de Brive, qui est au coeur de l'événement, et le porte depuis toutes ces années », précise le commissaire général. « Il bénéficie d'un grand attachement de la part des gens qui habitent le territoire, parce que des histoires se sont créées avec les auteurs. Par exemple, ces instants où les auteurs vont à la rencontre des élèves sont des moments privilégiés, favorisant cette belle entente. »

 

On parle même de « douce respiration » entre les visiteurs, les auteurs et la Foire. « Durant ces trois journées, les écrivains deviennent nos hôtes, mais pas uniquement chez les restaurateurs ni les hôteliers. C'est tout un public qui retrouve des auteurs presque devenus les siens. La manifestation est ancienne et les auteurs qui l'ont découverte ont eu envie de revenir, tout en parlant du plaisir qu'ils avaient eu. Avec le temps, se tissent des histoires entre eux et la ville. »

 

Avec le temps, l'évolution et l'ampleur de la manifestation ont nécessité des adaptations. Des quelques dizaines d'auteurs dans les premiers temps, la présence a été telle que l'organisation, voilà cinq ans, a décidé de contenir à 350-400 auteurs, le nombre d'invités. Mieux valait travailler sur le contenu et la programmation.

 

Une foire "tonitruante" pour Mabanckou

 

Cela passe alors par démarcations entre roman, BD, jeunesse, et histoire, régionalisme, un  genre très développé, mais également « une rationalisation importante » des espaces et des temps. « Avec la création de moments spécifiques, d'entretiens, de forums, de tables rondes, nous avons étendu les moments de découvertes, pour que le public accède aux auteurs, dans des contextes différents - avec des prismes différents. » Et depuis trois ans, la Foire se déporte dans le théâtre de Brive, toujours pour offrir plus d'animations.

 

Pour la 32e édition, Alain Mabanckou est président, et sa griffe se retrouve dans la programmation. « Alain a accepté rapidement d'être président, et il a voulu que la Foire soit Tonitruante. Son implication a été immédiate et entière. » C'est ainsi que le président aura donné à cette 32e édition, une autre ouverture, encore assez inédite. « C'est un grand promoteur de la langue française à l'échelle mondiale, et il a choisi d'honorer les écrivains faisant le choix d'écrire en français, en tant qu'ouverture au monde, au travers de la langue. »

 

À mi-parcours, la Foire enregistre déjà une belle fréquentation.