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Un robot prive le prix Hugo de streaming

Clément Solym - 04.09.2012

Culture, Arts et Lettres - Expositions - prix hugo - streaming - robot


L'évènement à une saveur toute asimovienne. La retransmission en streaming des prix Hugo a soudainement été interrompue en cours de diffusion dimanche soir par un robot. À la place du flux en direct, un message de la plateforme de diffusion Ustream se contentait d'expliquer que la « Worldcon [convention co-organisatrice du prix, ndlr] avait été bannie pour infraction aux droits de la propriété ». Un message devenu bien célébré sur le web qui est intervenu au moment ou l'auteur Neil Gaiman recevait un prix pour son scénario d'un épisode de Doctor Who.

 

Un coup des Daleks auront pu penser certains. La société de fans de science-fiction chargée de la remise de prix disposait implicitement des droits de diffusion des clips présentés sans infraction manifeste au droit américain, et ce, dans un contexte de promotion, rappelons-le. Plus prosaïque, l'erreur est à attribuer à une erreur d'appréciation d'un robot de la plateforme de diffusion. Le module aurait coupé la retransmission en considérant que la diffusion d'un clip sur Doctor Who ne respectait pas la législation en vigueur. Un zèle mal compris sur la toile.

 

 

Hier, le responsable de Ustream, Brad Hunstable, confiait que « notre équipe éditoriale et nos moniteurs de contenus avaient presque immédiatement remarqué un flot de messages Twitter au sujet du blocage et ont essayé de restaurer la transmission ». Mais comme les internautes l'auront remarqué, « nous n'avons pas été capables de suspendre le blocage avant que la diffusion ne finisse », indiquait le patron « vraiment désolé » d'avoir « mécontenté de nombreux téléspectateurs ».

 

Face à un événement d'une telle ampleur, prix parmi les plus prestigieux de la littérature d'anticipation, les internautes ne comprennent pas que les DRM n'aient pas été ôtés pour l'occasion. La sanction dans le cadre d'une retransmission en streaming étant sans appel. Et s'indignent quand Hunstable explique qu'avec l'offre payante le désagrément n'aurait pas eu lieu, ces utilisateurs étant répertoriés dans une liste verte, protégé de ce zèle robotique. Une excuse en forme d'argument commercial.

 

Pour l'heure, le système de contrôle Vobile , extérieur a été désactivé et la faute lui a été élégamment renvoyée. Mais l'histoire n'explique pas pourquoi la protection technique abusive n'a pas pu être suspendue. Prémisses d'une révolte cybernétique, monsieur Asimov ?