Un scénario inédit de Stanley Kubrick, inspiré par Stefan Zweig

Clément Solym - 17.07.2018

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - scénario inédit Kubrick - Stanley Kubrick cinéma - Kubrick Stefan Zweig


Un scénario inédit, intitulé Burning Secret, vient de voir le jour. Stanley Kubrick s’était manifestement passionné par une nouvelle de Stefan Zweig, datée de 1913, Brûlant secret (trad. Nicole Taubes, Folio). Écrit en 1956 avec le romancier Calder Willingham, le scénario était tombé dans l’oubli.

 

Stanley Kubrick painted portrait DDC_2438.JPG
thierry ehrmann, CC BY SA 2.0
 

 

Calder Willingham, ce nom n’est pas inconnu pour les fans de Kubrick : c’est avec lui que le cinéaste collabora à Paths of Glory – Les sentiers de la gloire, film sorti en 1957. 

 

Le scénario perdu de Burning Secret a été exhumé par Nathan Abrams, professeur de cinéma à l’université de Bangor, et expert internationalement connu de Kubrick. « Je ne pouvais pas le croire. C’était tellement enthousiasmant. On croyait qu’il avait été perdu », raconte-t-il.

 

La passion de Kubrick pour Zweig n’est aujourd’hui pas le premier élément qui vient à l’esprit quand on évoque le travail du réalisateur. Avec 13 longs-métrages à son actif, ce sont plus facilement 2001 : Odyssée de l’espace, Spartacus ou Shining, particulièrement contesté par Stephen King lui-même, que l’on cite. 

 

Pourtant, le projet autour de Zweig n’était pas une simple lubie. De fait, les aficionados savent qu’il avait mis la main à la pâte. Et pour preuve, le scénario est tellement avancé qu’il pourrait être mis en œuvre et désormais porté sur les écrans. « Nous avons maintenant un exemplaire, et cela prouve qu’il avait un scénario complet », affirme Nathan Abrams. 

 

Le pitch : « Seul, un jeune aristocrate foule le quai de gare d’une station de montagne. Arrivé à son hôtel, à l’affût de la moindre rencontre, il entrevoit une femme élégante, l’air lointain, en compagnie d’un garçonnet. Prêt à tout pour la conquérir, il va feindre l’éclosion d’une amitié avec le fils pour atteindre la mère. Et bientôt, le petit Edgar ne comprendra pas la raison, celle qu’on lui tait et qu’il pressent brûlante, de leur soudaine métamorphose... »

 

Le fait est que cette histoire d’adultère aurait pu être mal vue à dans le milieu des années 50. Elle est en effet présentée comme une sorte de contrepoint au Lolita qu’il réalisa en 1962 – d’après le roman de Nabokov – dans Burning Secret, les relations sont en effet inversées. 

 

Quelques modifications ont été apportées en regard de l’histoire de Zweig : en effet, la femme et son fils sont juifs dans la nouvelle et cette dernière se déroule en Autriche. Kubrick, note l’enseignant, a réécrit une partie en modernisant, avec des noms américains, et basant l’histoire aux États-Unis. Et Edgar est ainsi devenu Eddie. 

 

Selon les documents, le scénario est marqué du sceau de la MGM, département script. Daté du 24 octobre 1956, c’est encore un très jeune réalisateur qui l’a présenté aux studios. Probablement trop jeune, d’ailleurs – ou courant des lièvres à foison. 

 

David Sala s'empare du Joueur d'échecs
de Stefan Zweig

 

En effet, la MGM aurait annulé le projet de film en apprenant que Kubrick travaillait également sur Paths of Glory – une rupture de contrat en bonne et due forme. Selon d’autres sources, un certain James B. Harris aurait estimé que le scénario n’avait aucun potentiel pour un film. 

 

Notons qu’il ne s’agit pas de l’unique tentative d’adaptation : en 1988, un ancien assistant de Kubrick, Andrew Birkin, avait réalisé un scénario différent, toujours à partir du texte de Zweig.  

 

via Guardian 




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