Une fête nationale de la lecture, soutenue par un fort maillage social

Nicolas Gary - 01.12.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - fête littérature jeunesse - Salon du Livre jeunesse 2015 - lecture bibliothèque auteur


Esquissée par la ministre de la Culture, lors de l'inauguration du Salon, la Fête de la littérature jeunesse se déroulera donc durant les deux dernières semaines du mois de juillet. Sylvie Vassalo, directrice du Salon de littérature jeunesse de Montreuil, et Vincent Monadé, président du Centre national du livre ont présenté une manifestation, « qui a vocation à renouer avec les grandes fêtes nationales ».

 


Sylvie Vassalo, Vincent Monadé

Vincent Monadé et Sylvie Vassalo, au Salon du Livre et de la Presse jeunesse de Montreuil

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

C'est avec la lecture d'un texte de Neil Gaiman, diffusé gratuitement par les éditions Au Diable Vauvert, que la rencontre a débuté. Les meilleurs auspices, dirait-on, puisqu'il s'agit d'un texte, justement, sur le plaisir de la lecture.

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Le romancier y rappelle notamment que « l'empathie est un outil qui construit des groupes, à partir des gens », et que la lecture est un processus qui rassemble, autour d'une œuvre, d'un auteur. Mais aussi que l'évasion qu'ils offrent reste l'un des moteurs de cette réunion. « Comme nous l'a rappelé Tolkien, les seuls qui dénoncent l'évasion, ce sont les geôliers », ajoute Gaiman dans son texte.

In medias res : rassembler, avec une grande manifestation

Comme l'a immédiatement précisé Vincent Monadé, cette fête a pour vocation de vendre des livres, de les prêter, et de mettre l'auteur au cœur des rencontres qui seront organisées, pour qu'il vienne parler de son travail. Une fête estivale, donc, du 15 au 31 juillet, et qui rassemblera tout ce qui se passe durant cette période, insiste Sylvie Vassalo, tout en rendant visibles les manifestations préexistantes.

 

Proposer tous les livres, toutes les lectures, « comme dirait Pennac, “nous ne portons pas de jugement sur ce que les enfants lisent”. De fait, nous proposerons toutes les lectures : manga, BD, jeunesse, romans, et ainsi de suite. » Avec pour objectif premier de ne pas « aller chercher les publics qui sont déjà convaincus, mais de trouver de nouveaux publics, qui ne sont pas en contact avec les livres », poursuit Sylvie Vassalo.

 

Mélanger les publics, en s'appuyant sur ce que les territoires peuvent déjà proposer, comme une nouvelle forme de maillage social. « Dans le Gers, des familles entières viennent prendre des vacances, mais dans ce département, de nombreuses familles n'ont pas les moyens de partir en vacances. Cette fête aidera à les rassembler », dit Vincent Monadé.

 

À l'intérieur de ces quinze journées de célébration du livre, une multitude de manifestations disposeront alors d'un label spécifiquement créé pour l'occasion. « Même les plus petites pourront y accéder. Le travail de maillage sera très fin, opéré avec les acteurs locaux : cette fête doit être un enjeu pour tous, au niveau national. » Au point que le ministère de la Jeunesse et des Sports ou celui de l'Éducation nationale prêtent une oreille très attentive à son organisation.

 

« S'il n'existe pas de bibliothèques ni de centre de loisirs, alors il existe certainement une place du marché, un terrain de football, des places du village, où l'on pourra se rassembler », poursuit Vincent Monadé. Et de saluer l'implication des éditeurs, « qui ont compris que cela ne créerait pas des ventes de livres immédiatement, mais que nous allions constituer de futures générations de lecteurs ».

 

Hélène Wadowski, présidente du groupe jeunesse au Syndicat national de l'édition, applaudit et note : « Le groupe jeunesse du SNE, ce sont 52 maisons, qui travaillent avec les librairies, les bibliothèques, les enseignants. Et nous sommes très heureux de cette initatiative, et d'y être associés. » Louis Delas, PDG de la maison L'école des loisirs, ajoute : « Ce qui me plaît le plus, c'est que les enfants sont au cœur du projet. »

 

Les enfants, autant que l'oralité. « Les plus jeunes sont toujours sensibles quand on leur lit des histoires. Et la transmission par la lecture, par la mise en bouche, littéralement, des textes, implique que l'on s'appuie sur l'oralité, la lecture à voix haute. Ce sera parmi les dispositifs à déployer, le plus important de tous », achève Vincent Monadé.

 

Plusieurs organisations, associations, d'ici et d'ailleurs, viendront saluer l'initiative, et sous peu, le site du CNL accueillera un espace pour que chacun puisse présenter son projet. « Tous ne seront pas financés, bien entendu. Nous allons faire les fonds de tiroir, car cette fête sera notre priorité », achève le président du Centre.