Une histoire amour censurée en Israël deviendra un film de Gal Gadot

Clément Solym - 26.12.2019

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - histoire amour roman - censure Israël roman - Juif Palestienien amour


En janvier 2016, le roman de Dorit Rabinyan devenait l’objet de tous les scandales. Dans La barrière vivante (Gader Haya), elle racontait l’indicible histoire d’amour entre une jeune fille juive… et un Palestinien. Et tous les lycées de l’État d’Israël de censurer l’ouvrage, illico, accusé de nuire « à l’identité de la nation ». Une nuisance qui deviendra bientôt un film donc.

Dorit Rabinyan
Dorit Rabinyan (Boell-Stiftung, CC BY SA 2.0)


L’histoire aurait dû virer au grotesque, et le ministre de l’Éducation nationale local être renvoyé pour excès de zèle. Sauf que non : l’ouvrage de Dorit Rabinyan a été supprimé des listes de lectures recommandées, malgré l’avis des enseignants. 

Dalia Fenig, du ministère, balayait d’ailleurs tout cela : « Les jeunes adolescents ont tendance à romancer et ne disposent pas, dans de nombreux cas, du point de vue qui inclut des considérations relatives à la préservation de l’identité de la nation, et de l’importance de l’assimilation systématique. » Pour résumer : les jeunes sont des truffes, et si on ne leur inculque pas le sens du sectarisme, ces imbéciles sont capables de ne pas le développer.

Trois ans plus tard, qu’à cela ne tienne, l’actrice Gal Gadot, elle-même d’origine israélienne, a décide de lancer sa société de production, Pilot Wave, en association avec Jaron Varsano, son époux, sur l’adaptation de ce roman. L’ex-Wonder Woman annonce qu’ils ont signé un accord de coproduction pour All The Rivers (titre américain). 
 

Capulet et Montaigu, le retour


Ce sera donc au cœur d’un hiver glacial, en plein New York, que les deux jeunes apprendront à découvrir leur amour et cacher leur relation à leurs familles respectives… tout en cherchant à faire évoluer les mentalités progressivement. Une sorte de Roméo et Juliette sur fond politico-religieux, en effet. 

Le livre avait entre temps été traduit par Laurent Cohen et publié aux Escales, avec le titre Sous la même étoile – plus de 12.000 exemplaires vendus, poche et grand format (données Edistat) : 
 

Elle est étudiante en littérature, Israélienne, de passage à New York. Il est peintre, Palestinien, et vit ici depuis quelques années. Le hasard les a fait se rencontrer. Liat et Hilmi n'ont pas trente ans, partagent une terre natale que leurs peuples se disputent : hors du temps, loin des tensions et des différences, leur amour trouvera à s'épanouir. Deux étrangers dans la ville. Sous la même étoile, enfin.
Hélas, le visa de Liat arrive à expiration. Et la vie a plus d'un mur pour séparer ceux qui s'aiment...


La réalisation s’effectuera avec Keshet International, studios dirigés par Peter Traugott. 

Une nouvelle existence pour l’ouvrage qui avait été mis à l’index dès la fin de l’année 2015, avant de connaître une véritable explosion des ventes — l’effet Streisand qui marchait à plein régime. L’autrice, elle, se félicitait de l’engouement autour de son histoire d’amour, autant qu’elle se désolait de la vision rétrograde du pays.

Les relations mixtes sont en réalité très rares, comme elle le confiait, car les Israéliens « voient les Palestiniens comme une masse, et eux aussi nous voient comme une masse. Se regarder dans les yeux, comme cela s’est produit entre mes personnages, est une expérience très rare pour un Israélien. »


Commentaires
À quand un petit article sur la littérature palestinienne ? Jordanienne ?

Dans l'attente de vous lire sur ces sujets, bien cordialement.
Étrange article. Vous affirmez que le livre a été "censuré" puis révélez qu'il a été un succès de librairie. On a tout à fait le droit de trouver la décision du ministère lamentable, mais le terme censure n'est pas adapté puisque tout un chacun peut sans problème se le procurer sans que l'auteure ait dû en modifier le contenu. Ce conflit est suffisamment douloureux pour que nous rajoutions de la désinformation depuis notre confortable position en Occident.
Le livre n'a pas été censuré, il a simplement été retiré des conseils de lecture distribués dans les écoles, ce qui a fait une petite polémique dont le ministère ne s'est sorti que par une surenchère débile et manifestement électoraliste.



Mais c'est l'habitude d'Actualittés de faire des gros titres sans souci du sens des mots, et généralement avec un biais.



Enfin, c'est une habitude assez ancienne que de hurler à la censure de livres livres qui ne sont pas du tout censurés. Thomas Sowell a écrit à ce propos dès 1994: "Hogwash is happening" pour dénoncer cette propagande.



http://safelibraries.org/bbw/National_Hogwash_Week.html
Bonjour

Revoyez les précédents articles, revoyez la couverture média, revoyez les papiers publiés y compris dans la presse israélienne : quand on interdit l'accès à un livre, on verse dans la censure.
Et vous, revoyez la définition de censure.



Le livre n'est pas au programme des classes en Israël, c'est tout.
En effet : le livre a été supprimé du programme où il figurait.

Excellente journée
Si l'ouvrage est interdit dans tous les lycées d'un pays il semble que le terme "censure" est tout à fait sa place.

Pauvres lycéens. Vivement le film !
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