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Une histoire de divorce selon Henry James aboutit à un procès

Nicolas Gary - 22.04.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Henry James - adaptation - divorce


Lorsque le film What Maisie Knew est sorti, en 2012, tout le monde y avait vu une claire inspiration du livre d'Henry James, publié en 1897. Mais pour l'actrice américaine Ronee Blakley, le film s'inspire moins de du roman que de sa propre vie. Le livre de James racontait comment une petite fille est baladée entre son père et sa mère, divorcés, un étrange écho avec la vie de Ronee. 

 

 

 

 

L'actrice vient cependant de porter plainte contre l'ancien scénariste, Carroll Cartwright, accusé de diffamation - qui fut également son compagnon. La plainte, déposée à la Cour supérieure de Los Angeles, explique que pour Ronee, Carroll s'est inspiré de leur propre conflit pour la garde de leur fille, Sarah. Dans la fiction même du film, des éléments personnels auraient éta ajoutés. 

 

Or, selon les avocats de Ronee, le scénariste, à plusieurs reprises, avait reconnu s'être inspiré de sa propre expérience, et « d'un conflit long et acrimonieux, pour la garde de sa fille, Sarah ». Le scénariste est alors accusé d'avoir introduit un peu de fiel dans l'histoire du film. C'est qu'au cours des années 90, tous deux ont eu une relation passionnée, qui a abouti à 10 années de procédure pour la garde de leur fille, après leur séparation. 

 

C'est alors toute la malveillance d'un père déçu que l'on retrouverait dans le film, assure le document remis par les avocats. Lesquels réclament 3 millions $ de dommages-intérêts pour le préjudice subi. La procédure s'inscrit dans un segment très particulier de la justice américaine, la « diffamation dans la fiction ». Celle-ci accorde à des lecteurs de se reconnaître dans une oeuvre de fiction, et de porter plainte s'ils considèrent qu'il y a atteinte à leur propre existence.

 

Dans d'autres interviews, assure Hollywood Reporter, Cartwright avait commencé à travailler voilà dix-neuf ans à cette réalisation. En s'appuyant bien sûr sur le livre de James. 10/18 avait publié le livre, Ce que savait Maisie, en mars 2004, d'après la traduction de Marguerite Yourcenar.

Au divorce de ses parents, Maisie est l'objet d'un jugement de Salomon, « coupée par moitié, et les tronçons jetés impartialement aux deux adversaires ». 

Enjeu et instrument de la haine que se vouent ses géniteurs avant d'être rejetée comme un témoin gênant, elle est la spectatrice passive de l'égoïsme des adultes. À travers son regard innocent et lucide, Henry James compose une peinture ironique des passions humaines. Ce roman est le tour de force d'un maître en psychologie, la recréation d'une âme enfantine et du monde qui l'entoure, où l'analyse minutieuse des sentiments, d'une profondeur remarquable, laisse le lecteur émerveillé.

Ce que l'on note surtout, outre-Atlantique, c'est que Blakley est particulièrement connue dans le milieu hollywoodien, pour son surnom, Roney Sue. Or, Cartwright a choisi de modifier le nom du personnage, Ida, pour Susanna - particulièrement proche de Sue, estime-t-on…