Une nécessité de protéger le Salon du livre des ventes illégales de billet

Clément Solym - 18.03.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - vente illégale de billets - Salon du livre de Paris - organisation


Information ActuaLitté : Ces vendeurs de billets à la sauvette, ceux qui avaient provoqué la colère des organisateurs du Salon du livre, se retrouvent encore devant les portes cette année. Mais la société Reed Exposition affiche un certain sourire. Et pour cause. Si les précédentes années, les visiteurs étaient harcelés dès la sortie du métro, cette année, il faudrait presque tendre l'oreille pour les trouver.

 

« Entrée pour le Salon. Ça vous évite de faire la queue. » L'un de ces vendeurs continue pourtant son commerce ouvertement, devant les portes, au vu et au su des vigiles. Une petite bande se regroupe, et rapidement, le groupe se disperse. « Ils sont bien moins nombreux cette année, nous avons pu le constater. Reed a pris les mesures pour les déranger dans leur commerce, et leur compliquer l'existence le plus possible. Et c'est très appréciable, parce que cela mine la qualité d'un salon pour un organisateur. Et hier, deux revendeurs ont d'ailleurs été arrêtés, et embarqués en garde à vue », nous confirme Jean-Daniel Compain, Directeur général du Pôle culture et loisirs de la société Reed Exposition. 



 

« C'est une véritable mafia, et comme toutes les mafias, elle n'hésite pas à être violente. Sur le Salon nautique, on voyait des gamins qui durant la semaine, parvenaient à gagner entre 7 et 8000 € en revendant ces places. Cela reste une nécessité pour nous de protéger le Salon. Mais on connaît les méthodes : dans certains cas, c'est même à leur insu que les exposants y prennent part... »

 

Le sketch est classique : d'un côté, des visiteurs qui viennent collecter les entrées directement sur les stands, prétextant un membre de la famille qui viendra le lendemain. « Ils font la tournée des stands, collectent des entrées et des pass, et un autre groupe les revend le jour même ou le lendemain à l'entrée. L'aller-retour est rapidement fait, et le tour est joué. »


A leur insu, peut-être, mais du côté de la sécurité du Salon, on nous explique également que les exposants n'hésitent parfois pas à vendre certaines des entrées dont ils disposent, directement à ces revendeurs. « La malhonnêteté, elle commence aussi sur les stands des exposants. Ça se propage avec ces vendeurs, bien sûr, mais elle a sa place directement à l'intérieur du Salon. Ils ne devraient pas avoir autant d'entrées disponibles, parce que nous voyons bien comment se font les reventes », nous explique-t-on.

 

On s'en souviendra, ce problème de lutte contre la vente sauvage de billets avait provoqué une certaine polémique. Pour réduire les risques d'accréditation abusive, le Salon avait décidé de resserrer les accès, heurtant par là la sensibilité des auteurs qui s'étaient sentis insultés. « Nous nous y sommes mal pris, c'est certain, mais pour assurer que le Salon soit le plus intéressant pour tous, il nous faut trouver un moyen de lutter contre la mafia qui tourne autour », poursuit Jean-Daniel Compain.

 

 

 

« Heureusement, la loi est désormais de notre côté, et protège les événements, par des sanctions pénales. » En effet, la vente de billets illégale est sanctionnée de 15.000 € d'amende, puis 30.000 € et une année de prison en cas de récidive. Cela n'empêche pourtant pas les revendeurs d'aller plus loin dans la contrefaçon, en reproduisant les codes-barres des billet d'entrée, ce qui leur permet de contourner les vérifications.

 

Une situation qui conforte par ailleurs la réussite désormais assurée du Salon cette année. « Sur la journée d'hier, les entrées payantes ont été deux fois plus nombreuses. Et sur certains secteurs, nous constatons une augmentation du nombre de visiteurs supérieure à 20 %. » Plus de visiteurs, certes, mais des ventes inégales selon les espaces d'exposants : comme c'est traditionnellement le cas, on se plaint, ou on se réjouit... Un grand classique...