Une récompense germanique pour un auteur tchèque

Clément Solym - 01.03.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Michael Stavarič - Prix Chamisso - tchèque


Michael Stavarič a reçu aujourd'hui le Prix Chamisso pour sa contribution significative à la littérature allemande. De nationalité tchèque, l'écrivain a quitté son pays natal pour l'Autriche à l'âge de 7 ans, où il a vite appris la langue de Goethe. Auteur de livres pour enfants, romans, poèmes et essais, son travail est considéré comme « expérimental » par les critiques outre-Rhin.

 

Michael Stavarič pourra répondre sans problème aux interviews en tchèque et en allemand : le Prix Chamisso, décerné depuis 1985, récompense chaque année un auteur pour ses écrits en allemand, même si celui-ci n'est pas sa langue maternelle. Stavarič, né en 1972, a publié cinq romans, qui ont tous divisé la critique, certains les jugeant outrageusement expérimentaux.

 

Michael Stavarič à Vienne en 2008 (source : Wikipedia)

 

 

Pourtant, lui-même réfute le terme : « L'expérimentation est un terme qu'il vaut mieux ne pas utiliser aujourd'hui, c'est un vrai repoussoir à éditeur ». La légendaire difficulté de ses oeuvres ne l'a en tout cas pas empêché de remporter trois prix, dont le Chamisso, déjà reçu en 2008 pour son roman Terminifera.

 

Le Prix Chamisso tire son nom de l'écrivain français Adelbert von Chamisso, émigré en Allemagne en 1790, qui avait choisi d'écrire en allemand tout en conservant sa nationalité française. Le Prix est doté d'une récompense de 15000 €.

 

Aujourd'hui, c'est toute son oeuvre qui est auréolée de gloire, et plus particulièrement sa dernière parution, Brenntage. L'histoire d'amour avec la langue allemande était pourtant loin d'être gagnée, puisqu'à son arrivée en Autriche, Stavarič ne pouvait « littéralement pas parler allemand ». « Quand je suis arrivé en Autriche, je ne pouvais même pas commander une limonade » avoue-t-il : il pourra se rattraper en fêtant sa victoire au champagne.