V... pour Vendetta ? Gallimard boude déjà le salon du livre de Paris 2020

Nicolas Gary - 27.11.2019

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Dans le Landerneau de l’édition, personne n’a oublié l’épisode Gallimard lors du salon du livre de Paris 2019. La maison et ses filiales, Flammarion et Casterman, se retrouvaient en effet avec pour voisin Amazon. Gênant. Le grand patron Antoine Gallimard n’avait pas vraiment digéré ce qui était vu comme une insulte. Et moralité, voici que le berger répond à la bergère…

Amazon - Gallimard
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
Dans les couloirs de l’édition 2019 de Livre Paris, l’épisode avait fait jaser : au montage, d’abord, quand les uns et les autres s’étaient rendu compte qu’Amazon (et sa filiale Audible) se situait précisément entre Livre de poche et Madrigall — la holding Gallimard, Flammarion, Casterman.

Mais plus encore : lorsque le Premier ministre, Édouard Philippe et son ministre de la Culture, Franck Riester, firent leur tour de salle, les organisateurs prirent savamment soin de leur faire faire un détour (resté fameux !) par le stand de L’école des loisirs… pour éviter le passage devant Amazon. 

Deux politiques, au salon du livre, avec des journalistes et des caméras, filmés et photographiés devant le logo de la firme au large sourire, pour sur cela aurait plu à Jeff Bezos. Mais en termes d’image de marque pour la manifestation, voire l’édition plus largement, l’effet aurait eu de vilaines répercussions. Déjà que la manifestation se faisait passablement tirer les oreilles pour la présence de Charjah, Oman, ou encore l’Arabie saoudite et ses minarets, autant limiter la casse. 
 

La Blanche n'y mettra pas les pieds


Il n’empêche que ce voisinage incommodant — Livre de poche n’avait pas fait autant de vagues — aura laissé un goût amer à la maison. Selon nos informations, encore non confirmées par Gallimard, la voilure sera considérablement réduite pour l’édition 2020 de Livre Paris, qui mettra l’Inde à l’honneur. En effet, seules les maisons poche — Folio pour Gallimard et J’ai lu pour Flammarion — se rendront à la Porte de Versailles. 
 
Une manière simple et nette d’exprimer son mécontentement, tout en jouant les meilleures cartes économiques du moment : en effet, selon les données du Syndicat national de l’édition, les revenus liés au poche sont passés de 379,5 millions € en 2017 à 377,1 millions € en 2018. Un recul de 0,63 %, certes, mais en regard de 4,88 % qu’ont perdus les éditeurs, tous formats confondus, le livre de poche reste la valeur refuge. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Salon du livre, dites-vous ? Intéressante symbolique de voir le stand de @editions_gallimard @casterman_bd @flammarionlivres se retrouver à côté de celui de @amazon : voilà ce qu'il en coûte, d'assimiler le cybermarchand à un libraire comme les autres. Parce que l'on peut douter que le groupe éditorial savoure pleinement ce voisinage. Et puis, une pensée aussi pour @livredepoche qui se retrouve à côté de @audible_fr : là aussi, ça doit piquer cette répartition des espaces. Surtout qu'il en reste plein d'inoccupé, de l'espace. @livre_paris #salondulivre #amazon #édition #éditeurs #livres #voisin #turbulent #cherchezlerreur #affintésselectives #auteurs #libraires #internet #gallimard #casterman #flammarion #amazon #cybermarchand #payetonstand #lecteurs #promiscuité #proximité #nofilter #barbelés #porosité #picoftheday #onvaenparler #çaferadubruit #etyaurapleindephotossurlesréseaux #gniarfffff #barzingueteam

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Et très pragmatiquement, on place plus de ces ouvrages sur les tables d’exposants que de grands formats, tout en ayant la possibilité de solliciter les auteurs de la maison.

« Les lecteurs attendent le format poche, pour des raisons de budget », concèdait à ActuaLitté David Ducreux, responsable de la communication de Folio, aujourd’hui chargé des salons et relations libraire de la maison Gallimard. 

C’est l’inverse de Livre Paris, qui lui préférerait plus de tables avec plus de grands formats…

 


Commentaires
Pour cracher dans la soupe, faut-il encore qu'elle soit bonne, savoureuse, onctueuse!

Le salon du Livre proposerait-il un infâme potage ?

Les auteurs actuels sont comme le potiron, passés à la moulinette de la grande marchandisation.

Proust en son temps, comme tant d'autres avant et après lui, passa par la case de l'auto édition sans pour autant perdre son âme ou son talent. Un mot, messieurs... Vive la lecture!
Il en a des défenseurs, le petit Antoine ! Et des employés !
Eh oui monsieur Gallimard, Jeff Bezos, sans hériter de rien, lui, a fait beaucoup plus fort que vous, qui pourtant vous évertuez à produire de la littérature industrielle recouverte d'un mauvais vernis littéraire, et il vous enterrera. Le talent, que voulez-vous.
Mme Reyes, A qui parlez vous? Croyez vous que M Gallimard verra votre remarque pleine de frustration? N’oubliez pas de valider votre panier amazon c’est le Black Friday!
Madame,

Lorsque l'on a (eu) votre talent, justement reconnu mais que l'encre s'est asséchée, je trouve malvenu alors que l'on a été publié par le Seuil ou Gallimard et que l'on se résolve à une pitoyable auto-édition ou pire acceptée d’être publié par Amazon (cf, La grande illusion : Figures de la fascisation en cours, mars 2015, Kindle Amazon), d'oser venir cracher dans la soupe.

Dans les années 80-90, ce sont les libraires, Madame, qui vous ont porté vos livres auprès des lecteurs, j'en suis un, en Suisse, et pas toujours d'accord, de loin s'en faut avec Gallimard, Grasset ou Seuil, mais profondément attaché à une diversité éditoriale qu’ils mettent parfois à mal, mais dont votre ami Jef Bezos n'a aucune idée. J’ai près de cinquante ans de vie dans les livres et c’est plus ma mémoire que votre talent qui m’ont fait me souvenir de l’auteur de La bouchère. C’est la première fois que je réponds à un post sur le Net

Reprocher à Antoine Gallimard sa filiation est plus bête que méchant : Mais la méchanceté réclame un minimum d'intelligence, ce que l’on ne saurait, désormais, porter à votre crédit !

Affirmer que cette maison "produit de la littérature industrielle recouverte d'un mauvais vernis littéraire" est aussi stupide qu’infâmant... Pour n'en citer que quelques-uns, récents, Philippe Lançon, Philippe Forest, René Frégni, Natacha Apannah, Erri de Luca, Marie Nimier, Paule Constant et j'en passe, devraient apprécier. Il faut avoir atteint un seuil de bassesse dont je ne croyais plus capable un écrivain envers ses collègues et son ex-éditeur...

Relisez donc , Madame, les lettres de Céline à la NRF, puissiez-vous, sinon en prendre de la graine, mesurez la distance qui vous sépare désormais du talent, eh oui, le talent, que voulez-vous !

Avec mes salutations affligées.
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