'Vartan of Godot' : Samuel Beckett interprété en yiddish

Julien Helmlinger - 14.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Samuel Beckett - En attendant Godot - Yiddish


En Irlande du Nord, à l'occasion de la troisième édition des Happy Days, festival organisé annuellement dans la ville de Enniskillen en l'honneur de l'écrivain irlandais Samuel Beckett, sera jouée la célèbre pièce En attendant Godot, pour la première fois en yiddish. C'est l'histoire de deux types qui vont se retrouver pour en attendre un mystérieux troisième, et puis qui attendent plus longtemps que prévu... L'adaptation théâtrale est dirigée par Moshe Yassur et traduite par Shane Baker, qui interprète par ailleurs le rôle de Vladimir.

 

 

On s'enracine pour deux actes 

 

 

Ce projet est produit par le New Yiddish Repertory, qui s'étonne de son statut de première en la matière. Car la tradition du théâtre comique yiddish ferait écho à l'esprit de la pièce en deux actes de Beckett, avec ses thèmes comme l'attente ou l'exil. Elle fut composée en français, entre octobre 1948 et janvier 1949, après la guerre au cours de laquelle l'Irlandais s'était engagé dans les oeuvres de la Résistance française. 

 

Cette pièce d'après-guerre a suscité diverses interprétations et son auteur lui-même n'a pas cherché à éclaircir la question, laissant assez de marge aux imaginations afin qu'elles puissent s'exprimer. Pour certains, elle évoquerait directement l'Holocauste. Ainsi, le New Yiddish Repertory aurait souhaité à l'origine présenter les personnages comme des survivants de la Shoah, mais les héritiers du dramaturge s'y seraient opposés.

 

Comme le présente Moshe Yassur, sur scène les deux protagonistes principaux parlent un yiddish différent. Celui de Vladimir se veut raffiné aux consonances lituaniennes, quand celui d'Estragon se fait plus rude, à la mode de Varsovie, pour un jeu typé, empruntant à la culture et aux influences religieuses juives. 

 

Quand certains y verraient un sujet désabusé, pour le metteur en scène en revanche, la thématique de l'attente est fondamentalement optimiste, car « il n'y a pas d'attente sans espoir ». Le rideau sera levé à partir du 31 juillet, coup d'envoi du festival. A découvrir, quelques aperçus pour ceux qui n'aiment toutefois pas trop attendre :

 

 

 

(via MelvilleHouse)