Vauvenargues et Picasso : le cas de conscience de Catherine Hutin

Clément Solym - 26.01.2009

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Hutin - Vauvenargues - Picasso


Qui a oublié le livre de Pépita Dupont La vérité sur Jacqueline et Pablo Picasso ? Ce livre avait généré quatre procès à lui tout seul et ce n'est qu'en juillet dernier que les derniers remous s'estompaient, comme des spasmes juridiques sur le corps d'un Picasso assourdi par les plaintes.

Patrimoine à l'abandon cherche survie

Ce matin, alors que nous annoncions l'ouverture au public du Château de Vauvenargues, dernière demeure de Picasso, un élément nous avait échappé. Abandonné depuis près de 22 ans, peu après la mort de Jacqueline Picasso, le château était laissé à lui-même et c'est pourtant dans le livre qui lui valu ces procès que l'auteure Pépita Dupont pointait du doigt non seulement ce délaissement, mais également celui de Notre-Dame-de-Vie.

Bref extrait du livre, où Pépita s'adresse à Jacqueline expliquant que le mas « est régulièrement mis en vente dans les agences les plus huppées de la Côte d'Azur. Dès qu'un acheteur se présente, la riche héritière [...] change d'avis ». Il sera alors étonnant de se rendre compte que quelques semaines après le procès, Catherine, la « riche héritière » en question, ouvrira une association, le 26 juillet 2008 pour « faire connaître le quotidien de Pablo et Jacqueline Picasso dans leur Château de Vauvenargues », entre autres.

Réhabilité, in extremis...

Contactée, l'auteure nous confirme son étonnement, autant qu'elle se réjouit de ce que désormais, ni le château ni le mas ne seront plus laissés à l'abandon. Quinze jours après la sortie du livre, d'ailleurs, le mas était vendu pour 10 millions €, racheté par un milliardaire hollandais. Amusant également, de se rendre compte que l'ouverture au public s'ancre entre deux périodes, celle du verdict de juillet 2008 et celle du 25 mars où Catherine retrouvera Pépita, pour résoudre une autre affaire de diffamation toujours portant sur le même livre.


Notre-Dame-de-Vie, à l'abandon

Le tribunal avait déjà donné raison à la journaliste de Paris Match, qui avait insisté sur l'état de pourrissement de certaines archives et de délabrement du château ; son livre avait ramené à l'esprit les pertes pour le patrimoine que représentait ce site laissé à l'abandon. Dans une interview donnée à l'hebdomadaire Point de vue (n° 3092), Pepita commentait l'ouverture annoncée pour 2009 par Catherine qu'au moins « ce livre aura servi à quelque chose ».