Barack Obama, pas pressé d'aller chercher son prix Nobel de la paix

Nicolas Gary - 17.09.2015

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Barack Obama - prix nobel Paix - voyage Oslo


Quand Barack Obama a été consacré Prix Nobel de la Paix en 2009, le président des États-Unis savait qu’il aurait à se rendre à Oslo pour recevoir sa récompense. Nous voici en 2015, et le POTUS a encore une petite année de présidence à assumer. Et son Prix Nobel, explique Geil Lundestad, dans un ouvrage, Secrétaire de la paix, a failli attendre longtemps avant d’être récupéré.

 

Obama receives Nobel Peace Prize in Oslo

Utenriksdepartementet UD, CC BY ND 2.0

 

 

Lundestad a été directeur durant 25 années de la célèbre institution des Nobel. Et il explique que de décerner ce prix au président américain, si tôt dans le cours de son mandat – il est élu en 2008 – n’a pas eu les effets attendus. Prise de court, la Maison-Blanche contactera discrètement l’organisation, pour savoir si le président peut être exempté de cérémonie de prix Nobel.

 

Au sein du bureau ovale, on panique : qu’un lauréat ne se présente pas à la cérémonie n’est arrivé qu’en de très rares occasions : la plupart du temps, ce furent des dissidents politiques, dont le gouvernement empêchait le déplacement. « À la Maison-Blanche, on a très vite compris qu’il devait impérativement se rendre à Oslo. »

 

« Même de nombreux partisans d’Obama ont considéré que ce prix était une erreur », poursuit l’auteur, auprès de l’AP. La décision des jurés était d’encourager le président dans ses efforts sur le désarmement nucléaire – et pas vraiment de saluer le travail déjà accompli. 

 

L’auteur exprime quelques regrets, suite à ce choix malencontreux : la décision du lauréat était en effet plus fondée sur des espoirs quant à l’avenir, que le constat d’une importante réalisation. Et les attentes alors exprimées n’ont pas vraiment été comblées durant la suite du mandat, et du second, du POTUS. « En ce sens, le comité n’a pas obtenu ce qu’il attendait. »

 

Des espoirs nourris, et largement déçus

 

Le président américain Barack Obama avait été gratifié « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationale entre les peuples », affirmait en 2009 le jury. 

 

Les délibérations du comité Nobel restent généralement privées durant plusieurs années. Et les remarques de l’ancien directeur ont hérissé le poil des Norvégiens, très soucieux de la confidentialité. Mais surtout, entraînant une certaine colère, à l’égard d’un choix de Nobel qui relevait plus d’une stratégie politique et pas d’une reconnaissance véritable ? 

 

Thorbjørn Jagland, qui fut président du comité Nobel durant six années et avait remis sa récompense à Barack Obama, n’a manifestement pas souhaité faire de commentaires. L’ouvrage de Lundestad est publié ce jour, et provoque par ailleurs de vives polémiques aux États-Unis.

 

« Au cours de mes 25 années dans le comité, je ne me rappelle pas avoir vu quelque chose de semblable », assure Geil Lundestad.


Pour approfondir

Editeur : Éditions Actes Sud
Genre : policier &...
Total pages : 416
Traducteur : marie vrinat
ISBN : 9782330048792

Le prix Nobel

de Elena Alexieva

Le prix Nobel de littérature Eduardo Ghertelsman est invité à donner une conférence à l’université de Sofia. Le soir, après cette conférence, il sort de son hôtel, s’arrête dans un parc tout proche... et disparaît. Le lendemain, une rançon est demandée. L’enquête doit aller vite, car l’affaire met en danger l’image déjà peu reluisante de la Bulgarie. L’inspectrice Vanda Belovska, récemment mise sur la touche puis “réhabilitée”, est chargée de l’enquête. Un polar subtil et passionnant à la découverte de la face sombre de la Bulgarie.

J'achète ce livre grand format à 23 €

J'achète ce livre numérique à 14.99 €