Wonder Woman interdit au Liban en raison de la nationalité de Gal Gadot, israélienne

Antoine Oury - 01.06.2017

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Le film Wonder Woman, qui sortira dans les cinémas français le 7 juin prochain, a été interdit au Liban, sans aucun doute à cause de la nationalité de son actrice principale Gal Gadot, qui incarne Wonder Woman. L'actrice israélienne a fait l'objet de campagnes de dénigrement en raison de sa nationalité et de son passé : elle a servi dans l'armée israélienne, et les deux pays sont toujours en froid.

 
 

C'est le ministère de l'Économie libanais qui a publié cette interdiction du film sur le territoire national : le long-métrage devait pourtant être diffusé dans les salles du pays, avec quelques avant-premières programmées. Les raisons de l'interdiction n'ont pas été précisées par le ministère libanais, mais c'est sans aucun doute la nationalité de l'actrice Gal Gadot qui pose problème, ainsi que son passé au sein de l'armée israélienne.

   

Si le Liban avait été un des premiers pays arabes à signer un armistice avec Israël en 1949, les relations diplomatiques entre les deux pays ne sont pas au beau fixe, et plusieurs incidents aux frontières, en 2015, avaient relancé le conflit entre les deux pays. Le Liban applique toujours un boycott des produits israéliens, et contrôle de manière très stricte tout voyage vers Israël.

 

Qui plus est, Gal Gadot a servi plusieurs années au sein de la Israeli Defence Force, l'armée israélienne. Si l'actrice évite aujourd'hui toute déclaration politique, elle n'avait pas hésité, en 2014, à poster sur Instagram un message de soutien à l'armée israélienne, sans équivoque. « J'envoie mon amour et mes prières à tous mes concitoyens israéliens. En particulier aux hommes et femmes qui risquent leur vie pour protéger les citoyens des actions perpétrées par le Hamas, qui se cache lâchement derrière femmes et enfants... Nous vaincrons !!! Shabbat Shalom ! »

 

Le boycott du film a été encouragé par l'association Campaign to Boycott Supporters of Israel in Lebanon, qui avait tenté de faire de même pour Batman v Superman, dans lequel Gal Gadot apparaissait déjà en Wonder Woman, avec moins de succès toutefois.

 

D'autres films aux castings comportant des acteurs israéliens ont fait les frais de boycott ou de tentatives de boycott, comme Fast & Furious, dans lequel Gadot a fait une apparition, ou encore des longs-métrages avec Natalie Portman.

 

Ce que mesurent mal les autorités, c'est sûrement que le streaming et le téléchargement illégal auront tôt fait de contourner la censure, qui n'empêche généralement pas les blockbusters mondiaux d'être vus...




via USA Today, The Guardian