Woody Allen en flagrant délit : pas question de citer Faulkner

Clément Solym - 26.10.2012

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Woody Allen - Minuit à Paris - citations copyright


Sony Pictures Classics, la boîte de production de la cuvée Woody Allen 2011 Minuit à Paris, vient d'écoper d'une procédure judiciaire pour violation du copyright. Les ayants droit de William Faulkner font valoir qu'une ligne de dialogue du film, citant quelques mots de Requiem pour une nonne, pourrait porter préjudice à l'auteur américain, mort depuis un demi-siècle.

 

 

 

C'est un peu l'arroseur arrosé : plus habitué à notifier les infractions au copyright qu'à les recevoir, Sony Pictures Classics fait face à une accusation déposée jeudi à la Cour du Mississippi par la LLC (l'équivalent d'une SARL française) Faulkner Literary Rights.

 

L'objet du litige ? Alors qu'il rencontre des personnalités du Paris des années 20-30, comme Pablo Picasso, Ernest Hemingway ou Fitzgerald, Gil Pender (interprété par Owen Wilson) prononce ces paroles : « Le passé n'est pas mort ! En fait, il n'est même pas passé. Tu sais qui a dit ça ? Faulkner. Et il avait raison. Et je l'ai rencontré, d'ailleurs. Je lui suis rentré dedans à une fête. »

 

La citation exacte de Faulkner, tirée de Requiem pour une nonne (1951) est la suivante : « Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé. » Particulièrement bien adaptée au film de Woody Allen, dans lequel le personnage principal se retrouve par intermittence dans les années folles, la citation n'en est pas moins illégale pour les ayants droit.

 

Ces derniers ont souligné que « la distribution du film contrefacteur par Sony était malicieuse, frauduleuse, délibérée et volontaire », et attendent évidemment contrepartie financière à la hauteur du dommage fait à l'image de l'écrivain.

 

Effectivement, le passé n'est jamais mort, et il se manifeste parfois avec violence...