3500 € pour écrire un roman noyé parmi d'autres, non : coup de gueule d'une auteure

Clément Solym - 31.01.2019

Edition - Marie Caillet roman - autopublication auteure indépendante - Rumeurs Issar Caillet


En octobre 2017, Marie Caillet faisait part de ses interrogations quant au devenir de l’industrie du livre. Janvier 2019, les questions ont trouvé des réponses. Révélée originellement dans un concours organisé par Michel Lafon jeunesse en septembre 2010, l’auteure décide de mener sa barque seule. Elle s’en explique sans ambages.


© Emilie Carpuat

 
Le 24 mai 2017, sortait le premier volume de sa saga, Les rumeurs d’IssarLe talisman perdu, publié chez Hachette jeunesse. Un roman Young Adult pétri de fantastique et d’imaginaire, où la magie cohabite chez les Hommes... et parfois en élit un à qui elle conférera des pouvoirs spéciaux. C’était le cas de Edjan, adolescent de 16 ans, lié à un animal mythique... mais passablement ridicule. Délicieux et tendre, au milieu de grandes aventures !

Le tome 2, attendu par les fans, sortira prochainement, en effet, mais pas vraiment dans les conditions attendues. Dans un post sur sa page Facebook, elle explique, sans détour, les conditions de la parution, et ce qui l’a poussée à... quitter son éditeur. Et quitter l’édition pour cette série.
 

Chose promise, chose due ! Aujourd’hui, un post spécial Rumeurs d’Issar pour vous donner les premières infos : la sortie du tome 2, le titre... Et une explication sur ce long temps d’attente (merci pour votre patience !)
Tout d’abord, le tome 2 va donc paraître cette année, mais pas chez Hachette Romans : j’ai pris la décision d’arrêter ma collaboration avec cet éditeur, pour diverses raisons. Pour expliquer ma situation de façon très transparente, écrire un tome me prend un an, pour un à-valoir de 3500 € brut. Je dois en plus déduire de cette somme de lourdes cotisations d’auteur, plus les impôts. Bref, il me reste peu à la fin, tout cela pour perdre mes droits sur un ouvrage noyé parmi (trop) d’autres et peu défendu. 
Je passe un temps fou sur les Rumeurs, j’y mets beaucoup d’énergie et d’amour. Très simplement, je n’ai pas envie de continuer dans de telles conditions, guère intéressantes pour moi et amenées à se dégrader de tome en tome (on sait hélas que c’est le cas pour les séries). Je fais donc le grand saut : les tomes 2 et 3 seront autopubliés ! 



Pour l’accompagner, l’illustrateur Sébastien Del Grosso prolongera le plaisir. Et Le jugement des sabliers, tome 2, sortira donc au printemps. Une version numérique, ainsi qu’une édition papier en tirage limitée, nous explique-t-elle. 

Dans une tribune parue dans nos colonnes, voilà deux ans, l’auteure posait déjà les prémices de ce qui est aujourd’hui constaté : « Comme nombre de mes pairs, je suis confrontée à cette tension entre le temps souvent long de l’écriture, et celui, intense, de la production éditoriale. Deux réalités qui cohabitent et qu’il devient de plus en plus difficile d’équilibrer. »

Elle ajoutait : « À titre personnel, cela m’est arrivé lors de mes débuts : de 18 à 22 ans, j’ai travaillé sur ma première série chez un important éditeur sans toucher le moindre à-valoir. Autrement dit, sans aucune rémunération pour mon travail. 
 
Pour modifier cet état de fait, il est impératif que nous, auteurs, prenions l’initiative d’acquérir les outils et les informations relatifs à nos droits. Deux solutions s’imposent : sortir à tout prix de l’isolement, et élargir nos perspectives sur le milieu éditorial dont nous constituons pourtant la base. »


Commentaires
Excellent !! Réjouissant de voir des hommes et des femmes relever la tête et refuser le diktat des puissants qui nous spolient avec arrogance et mépris. "Reprenons nos droits, ils nous appartiennent !"
@ koinsky .Tu as raison Arlette ! ( je t'ai reconnu malgré ton pseudo ) cool smile
Vous avez raison mais seulement en partie :

- comment vous ferez vous connaitre puisque aujourd'hui il y a beaucoup d'aupublication et en temps que libraire je ne lis plus tous ces messages qui parlent du meilleur super extraordinaire livre.

- vous êtes auteur donc vous connaissez les mots et leur signification lisez votre contrat et utilisez le mot REMUNERATION

- les libraires se fédèrent en association contactez-les

Agissez donc comme des entrepreneurs pour la partie commerciale !
J'ai publié un article sur le sujet il y a une semaine sur mon site d'Auteure. Je suis heureuse de constater que ce sont vos convictions qui reprennent le dessus. Je suis auto éditée et c'est très bien comme ça. Cependant, endosser la casquette de commerciale n'est pas de tout repos et on peut vite tomber dans quelques pièges... Pour ma part, j'aime le marketing mais il ne faut pas oublier de déléguer de temps à autre et ne pas s'isoler. Lorsque l'on publie son premier livre et qu'une suite est prévue, votre meilleur support sera la gratuité du premier volume pour faire vendre le second. A quoi bon se ruiner dans de la pub si vous devez dépenser autant voir plus que les ventes de votre livre. Donnez et vous recevrez. C'est ce que j'ai fait. A l'occasion passez sur mon site [florencedauphin.com] et jetez un oeil sur l'article "Ecrire un livre: non aux standards". Vous me direz ce que vous en pensez. Je vous souhaite bonne route pour votre nouvelle direction. Où peut-on se procurer votre livre ? Bien à vous, Florence
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