Affaire Gründ : Amélie Antoine présente sa version des faits

Auteur invité - 15.05.2020

Edition - Amélie Antoine - Grund édition concurrence - livres jeunesse collection


Sophie Gourion, au sortir du confinement, découvrait en librairie que son éditeur avait, sans l’avertir, publié un ouvrage en de nombreux points similaire au sien. Un an après la publication de son livre, elle découvrait donc en librairie que l’éditeur, Gründ, mettait en vente ce qu’elle qualifie de manquement « à son obligation de loyauté ». Amélie Antoine, qui a signé ce deuxième livre, précise ici le contexte de l’élaboration — et se présente comme « victime collatérale » de la maison.



Amélie Antoine


 
Alors voilà, puisqu’il faut se justifier et se défendre en place publique parce qu’il est évident que dans la vie, les réseaux sociaux que sont Twitter, Instagram, et Facebook sont toujours les meilleurs canaux de communication et surtout les meilleurs moyens de régler ses comptes avec des personnes dont on ne sait rien.

Puisqu’il faut me justifier d’avoir osé répondre un simple « Merci ! » à une personne qui me disait vouloir découvrir Ce que je fais avec papa/Ce que je fais avec maman, et avoir aimé le 1er livre de cette collection, intitulé Les filles peuvent le faire/Les garçons aussi. Apparemment, en répondant un seul mot à ce commentaire – « merci » - j’ai commis un crime, puisque qu’il paraîtrait que j’ai sous-entendu que le texte du 1er livre était de moi, au lieu de détromper la personne (qui n’a pourtant jamais prétendu penser que les 2 livres étaient du même auteur !), et que ce faisant, j’ai sournoisement cherché à récolter des lauriers ne m’appartenant pas.

Tout ceci a donc donné lieu à tout un tas de personnes bien intentionnées et parfaitement au fait de la situation venant m’insulter sur ma page.

Je m’excuse donc d’avoir remercié la personne qui avait envie de découvrir le livre que j’ai écrit et qui a été illustré par Isabelle Maroger. Je m’excuse également d’avoir mis des petits cœurs à divers commentaires, car, apparemment, ceci aussi est un crime justifiant les insultes et le harcèlement virtuel.

Il y a plus d’un an, j’ai écrit un texte mettant en scène un enfant dont les parents venaient de se séparer, et qui exposait d’un côté sa vie avec sa maman, de l’autre, sa vie avec son papa, puisqu’il se retrouvait du jour au lendemain en garde alternée.

Pour des raisons personnelles que beaucoup comprendront sans qu’il y ait besoin de davantage de mots, ce texte me tenait particulièrement à cœur.

Je l’ai proposé aux éditions Gründ, et ils ont eu envie de le publier.

L’éditrice m’a proposé d’intégrer cette histoire à une collection qu’ils avaient, avec un 1er livre qui était déjà sorti et qui s’intitulait Les filles peuvent le faire/Les garçons aussi. Elle m’a envoyé le livre en question pour que je me fasse une idée.

Je l’ai reçu, je l’ai lu, et je me suis dit pourquoi pas, car même si le sujet n’avait rien à voir, le concept du tête-bêche qu’avait initié Gründ et proposé à la 1e auteur se prêtait très bien à mon histoire, déjà scindée en deux (chez papa/chez maman), et j’ai également eu un gros coup de cœur pour les dessins d’Isabelle Maroger.
J’ai donc accepté la proposition de Gründ.

J’ai continué à retravailler le texte pour qu’il rentre dans le format et la maquette, et, quelques mois après (on est à l’été 2019), l’éditrice m’a appelée pour me dire qu’il y avait un problème, car un autre livre tête-bêche sur le thème de la séparation venait de sortir chez un autre éditeur.

On m’a donc demandé de retravailler le texte pour effacer les mentions à la garde alternée et à la séparation des parents, et de trouver un autre fil directeur pour cette histoire.

À ce moment-là, au téléphone, j’ai eu envie de pleurer.

J’ai eu envie de pleurer parce que le projet, pour moi, n’avait plus aucun sens. Je voulais raconter le quotidien d’un enfant partagé entre deux maisons, et on me demandait que mon petit héros n’ait plus de parents séparés.
Je n’avais plus aucune envie de tordre mon texte dans tous les sens pour le faire entrer dans quelque chose qui avait, à mes yeux, perdu son essence-même.

Mais je l’ai quand même fait.

Je l’ai fait parce qu’on m’a expliqué que le livre était programmé pour février 2020.

Je l’ai fait parce que je n’arrivais pas à mettre mon travail au fond d’une poubelle tout en craignant qu’il ne puisse, peut-être, être récupéré.

Je l’ai fait parce que je n’arrivais pas à renoncer à cette histoire.

Je l’ai fait parce qu’on m’a répété que l’édition jeunesse, c’était savoir faire des concessions.

Je l’ai fait en me disant : « Pourvu qu’à la fin, je parvienne quand même à me reconnaître un peu dans ce livre. »
Ce que je fais avec papa/Ce que je fais avec maman est sorti au mois de mars, en catimini, confinement oblige.
C’est un livre qui n’a pas grand-chose à voir à mon projet initial, celui qui était important pour moi et que j’aurais voulu transmettre à mes enfants.

Mais, pourtant, je suis heureuse qu’il existe, parce que mon texte est là et que les illustrations sont magnifiques. Parce que quand je le lirai à mes enfants, moi, je leur dirai qu’il s’agit de parents qui sont séparés et de deux maisons différentes entre lesquelles le petit Zacharie est balloté.

La conclusion du livre a changé. Elle ne parle pas de divorce et du fait qu’avoir deux maisons, ce n’est pas la fin du monde mais le début d’un autre.

Tant pis.

Ça aura été ma concession dans ce monde impitoyable qu’est l’édition. Et ce sera sans doute la seule que je ferai, car dire que ça m’a attristée ne reflète en rien ce que j’ai ressenti en devant essorer mon histoire jusqu’à la vider de ce qui l’avait fait naître.

Voilà l’histoire du livre que j’ai créé avec Isabelle.

Tout le reste ne concerne que l’éditeur et ses choix de publications.

Venir déverser sa colère sur la pseudo place publique que sont les réseaux sociaux n’a jamais permis quoi que ce soit de positif ou de constructif, d’autant que bien souvent, ceux qui hurlent avec les loups s’acharnent sur des personnes qui n’ont rien à se reprocher.

Je n’ai rien à me reprocher.

Isabelle n’a rien à se reprocher.

Je peux comprendre que l’auteur du 1er ouvrage ait été peinée de découvrir en librairie qu’un 2e livre dans la même collection avait été publié, sans qu’elle en soit au courant, mais je n’en suis pas responsable, malheureusement.

À sa place, j’aurais sans doute aussi été blessée, mais je pense qu’avant d’initier un tel déferlement de haine, j’aurais cherché à appeler mon éditeur et à m’expliquer avec lui. Et si j’avais écrit ensuite quelque chose sur les réseaux sociaux, ça n’aurait pas été sous le coup de l’émotion.

Mais, tout comme Isabelle, je ne suis qu’un dommage collatéral, hein.

Donc, pour clarifier une dernière fois :

Je n’ai évidemment pas écrit le 1er livre de cette collection.

Sur tous les livres que j‘ai écrits, mon nom est en couverture (j’espère que ça aidera pour de futures confusions éventuelles).

Peace.


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