Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Algérie : pas assez de (bons) livres pour enfants ?

Lauren Muyumba - 04.07.2013

Edition - Algérie - Enfants - Livres


Selon deux articles du journal en ligne La Tribune d'Algérie, la littérature jeunesse est un segment porteur dans l'industrie de l'édition, mais demeure sous-exploité. Les éditeurs ne sont pas les seuls coupables. Aujourd'hui, le gouvernement algérien tente de remettre les livres en valeur. La lecture a été trop longtemps négligée par l'Education Nationale. L'école, le lieu censé donner envie de lire, n'aurait pas joué son rôle. 

 

D'après La Tribune d'Algérie, les spécialistes et les enseignants sont unanimes : "le livre reste sans conteste le meilleur support pédagogique". Pour la réforme du système scolaire, le minsitère de l'Education Nationale a d'ailleurs voulu remettre la lecture au coeur des programmes pédagogiques.

Lire pour apprendre, mais aussi pour se divertir. Le ministère de la Culture s'est également engagé à promouvoir la lecture afin d'encourager les élèves à lire au moins quatre livres par an. 

 

Toutes ses actions du gouvernement révèlent bel et bien des lacunes, en termes de valorisation des livres pour enfants et de diversité des supports littéraires. Le secteur de la littérature jeunesse est désinvesti par les éditeurs et les libraires d'après le journal. Les livres pour adultes sont en plus grand nombre et les enfants, à la maison comme à l'école, manquent de contes, de BD, de romans d'aventure ou encore de manuels de dessin... 

 

Photo :S. Zoheir

Photo : S. Zoheir

 

Mais c'est toute la production et l'acheminement qui est à revoir :

«Le peu de titre disponibles sont généralement importés et frabriqués en Chine pour le compte de maisons d'édition libanaises et moyen-orientales. Les ouvrages de qualité importés d'Europe et qui restent hors de la portée de la majorité des familles d'enfants scolarisés».

Le même constat est fait dans un autre article de La Tribune d'Algérie. Quand la qualité de l'ouvrage laisse à désirer, un autre problème se pose :  les livres racontent des histoires dans un cadre sans forcement de rapport avec la culture algérienne. Les enfants peuvent alors avoir du mal à se retrouver ou à s'identifier aux personnages.

 

Pourtant, la demande est là. Mais l'autre problème sous-jacent, c'est l'argent. Les collections importées de Tunisie sont les moins cher  et donc plus accessibles.

«La littérature pour enfants continue à être l'otage de taxes exorbitantes qui «obligent» les éditeurs à produire des ouvrages médiocres et les importateurs à fixer des prix indécents»

 

Du positif 

 

Contactée par Les Histoires Sans Fin, l'éditrice Dalila Nadjem, responsable depuis 2001 des éditions Dalmen, nuance : «De grands efforts ont été faits, surtout depuis que le ministère de la Culture et de l'Éducation font l'acquisition d'ouvrages pour enfants, et soutiennent les éditeurs et les auteurs. Du coup, les coûts sont réduits." 

 

 

Elle reconnaît le travail qui reste à faire tout en souligant l'évolution : "Il n'y a pas si longtemps que cela, c'est vrai que la qualité du papier des livres publiés était médiocre. Mais depuis 3 ou 4 ans, il y a de plus en plus de maisons d'édition qui investissent dans les livres pour enfants, et la qualité est meilleure". Cependant, elle espère voir plus de jeunes investir dans la mise en place de librairies : "Il est plus facile de vendre une pizza qu'un livre, partout, pas seulement en Algérie", avoue-t-elle avec lucidité.

 

"C'est quand même mieux qu'avant"

 

"C'est quand même mieux qu'avant. Les enfants algériens lisent de plus en plus. Il y a plus de variété de livres et les prix sont plus accessibles. " Le manga et la bande-dessinée se développent de plus en plus. D'ailleurs, elle est l'organisatrice d'un festival de la BD à Alger.

 

 

Dalia Nadjem, qui est venue s'installer en Algérie en 1984, propose un catalogue pour enfants mettant à l'honneur le patrimoine algérien et les sujets d'actualité. Pour l'avenir des maisons d'éditions en Algérie, elle reste optimiste : «les choses avancent doucement, mais sûrement» avait-elle déclaré sur TV5 monde.

 

Son objectif, comme confié aux Histoires Sans Fin : "faire en sorte que les livres soient beaux, pas trop chers et de bonne qualité". 



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