Chocolat : Au cinéma et en livre, une friandise qu'il faut absolument goûter

Fred Ricou - 03.02.2016

Edition - chocolat - clown - bénédicte rivière


Vous n'aviez jamais entendu parler du clown Chocolat ? C'est normal.

Artiste de cirque aux alentours de 1900, on pense que Rafael Padilla est né à Cuba entre 1865 et 1868. C'est sans ses parents, esclaves, que le jeune Rafael débarque en France. De petits boulots en numéro de danse, il est engagé au Nouveau Cirque en 1886 et c'est en 1895 que le directeur de l'époque l'associera avec un clown anglais, George Footit. Le duo deviendra l'attraction fétiche du tout Paris pendant une quinzaine d'années. Si le succès est là, c'est bien entendu parce que Rafaël, appelé depuis quelques années Chocolat, représente à la fois l'exotisme, mais également le bon « nègre » de qui l'on peut se moquer en s'esclaffant. À la fin de chaque gag, c'est Footit qui a le dernier mot et c'est Chocolat qui se prend des claques.

 

Chocolat, en 1917, mourra dans l'indifférence et la pauvreté totale. De ses passages sur scène, il ne restera que le duo de clown dans les cirques traditionnels que l'on appelle l'Auguste et le Clown Blanc et une expression « Je suis chocolat ! » qui signifiera pendant des années « se faire berné ».

 

 

C'est sur cette histoire qu'il ne connaissait pas au départ que Roschdy Zem a l'idée d'accepter le projet. Quatrième long métrage pour l'acteur / réalisateur qui va offrir sur un plateau le rôle-titre à Omar Sy.

Avec ce film, Omar Sy confirme qu'il est un véritable acteur. Toujours juste, l'acteur nous fait sourire, nous fait rire, nous émeut. Il est quasiment certain que ce rôle devrait lui rapporter encore plus en notoriété qu'il n'en a aujourd'hui, nous pouvons même aller jusqu'au César en 2018.

 

Dans le rôle de Footit, James Thiérrée, petit fils de Charlie Chaplin, est bouleversant également, mais plus en retenue. C'est lui le clown blanc à la scène comme à la ville. James Thiérrée n'est pas qu'acteur, il est également comédien de théâtre, chorégraphe, acrobate, trapéziste, clown, magicien et mime. Le mot Talent a véritablement écrit pour lui.

 

 

Avec Chocolat, Roshdy Zem, qui a pris un plaisir fou à reconstruire Paris à la fin du 19e, offre au public un film un peu académique, certes, mais passionnant. Il faut absolument que la jeune génération qui admire Omar Sy le voie pour comprendre le racisme de l'époque, mais également, l'amour de la vie.

 

Ignoré également pas la littérature jeunesse, le destin de Chocolat vient de trouver en la personne de Bénédicte Rivière son seul auteur « jeunesse » qui s'intéresse au destin fantastico tragique du personnage.

À travers deux ouvrages, un album Monsieur Chocolat qui retrace la vie (une histoire et un documentaire avec des photos d'époque) de ce premier clown noir illustré par Bruno Pilorget (éditions Rue du Monde) et d'un roman pour les lecteurs de 8-11 ans Je suis Chocolat (éditions Les petites moustaches) Bénédicte Rivière retrace d'une belle manière romanesque ce que l'on sait de Rafael Padilla.

 

L'un et l'autre se complètent même si l'auteure a souhaité rajeunir les personnages principaux de son roman, par rapport à la vie réelle, pour que les jeunes lecteurs puissent s'identifier plus facilement.

 

Le film, le roman, l'album, tous les trois doivent être vus et lus. Chocolat doit retrouver la reconnaissance qu'il mérite pour ne plus jamais être oublié.

 



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