Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Commémoration de la libération d'Auschwitz, des livres jeunesse pour comprendre...

Fred Ricou - 27.01.2015

Edition


Le 27 janvier 1945, les troupes de l'armée soviétique découvrent le site de camps de concentration d'Auschwitz. C'est le plus grand camp d'extermination du troisième Reich. 1,1 million de personnes y sont mortes pour la plupart juives, mais également tsiganes, Polonais non juifs, prisonniers de guerre, homosexuels et toute sorte de détenus de différentes nationalités.

 

Dès 1947, Auschwitz deviendra un musée à la mémoire des victimes, mais également un symbole de la barbarie humaine.

 

C'est aujourd'hui que l'on célèbre cette mémoire si éloignée du jeune public et pourtant si récente.

 

Pour aider à comprendre cette période trouble de l'histoire, la littérature jeunesse est un bon moyen et nous avons choisi de réunir quelques titres (dont certains ne sont pas encore parus…) pour mettre des mots sur l'horreur.

 

 

Charles Palant est né en 1922. Ce militant des droits de l'homme nous raconte son parcours et le mot Dignité est sans doute celui qui caractérise le mieux la trajectoire et le sens de sa vie. Apprenti maroquinier et délégué syndical pendant les mouvements ouvriers de 1936, il résiste aux Allemands et aux collaborateurs pendant l'Occupation. Sa famille est menacée en raison de ses origines juives. Il a 20 ans quand il est arrêté à Lyon avec sa mère et sa soeur, envoyé dans le camp de Drancy, puis d'Auschwitz, et enfin de Buchenwald où il n'a
jamais cessé de s'opposer à la tyrannie et à l'avilissement des hommes. Sa mère et sa jeune soeur sont assassinées à leur arrivée à Auschwitz. Il survivra au prix d'une volonté incroyable. Cette biographie est un hymne haletant à la vie, un hommage à un homme qui a consacré son existence au combat contre tous les racismes, et qui, à 91 ans aujourd'hui, se souvient des épreuves sans jamais s'appesantir sur le passé. Il ne cesse de répéter aux jeunes générations : « Aussi vrai que le jour succède à la nuit, je crois au matin... »
 
Résister pour survivre
Eric Simard - Oskar jeunesse - Parution : 1er mars 2015
 

 

Mon père, Lonek Greif, portait un numéro bleu sur le bras, écrit Jean-Jacques Greif dans sa postface. Au lieu de me raconter l'histoire du Petit Poucet ou de Cendrillon, il me parlait des SS, des kapos, des kommandos, des chambres à gaz. " En 1950, en camping à Belle-Isle, Lonek et ses fils rencontrent Maurice Garbarz, leur voisin de tente, qui porte lui aussi un numéro bleu sur le bras. En 1984, Maurice écrit Un survivant (Plon) avec l'aide de son fils Charlie. Il y raconte en détail sa détention à Auschwitz. Le livre est aujourd'hui épuisé. C'est de ce texte, avec bien sûr l'accord de son auteur, toujours en vie, que Jean-Jacques Greif s'est fidèlement inspiré pour écrire Le ring de la mort, sans rien ajouter ni retrancher aux faits. Il ne s'agissait pas de " mettre cette histoire à la portée des adolescents " - nul ne saurait mettre l'histoire des camps de la mort à la portée de qui que ce soit - mais de permettre à tous de réécouter l'un des rares témoignages de survivants, et de rendre hommage à son courage. Maurice, enfant persécuté et combatif du ghetto de Varsovie, s'est enfin cru en sécurité quand il est arrivé à Paris en 1929. Treize ans plus tard, la police française le remet dans un train. Après Pithiviers, Auschwitz. Par les yeux de Maurice, nous découvrons brutalement l'enfer sur terre, dans ses moindres détails. Et d'abord le vocabulaire. Pour désigner les cadavres, les Allemands utilisent le mot Stücke, qui veut dire " pièces ", comme dans l'expression " pièces détachées ". Oui, Auschwitz est une usine à produire des cadavres, le plus possible. Maurice le comprend très vite. Il pressent aussi que s'il veut sortir un jour vivant de là, il lui faudra tout faire pour ménager ses forces, esquiver les coups, cal
culer ses moindres gestes, comme dans les combats de boxe qu'il menait avant la guerre et qu'on le force à livrer au camp contre de plus pauvres diables que lui. Mais, conclut Jean-Jacques Greif : " Il ne suffisait pas d'être vigoureux et de savoir se battre pour survivre à Auschwitz. Il fallait aussi avoir beaucoup de chance. "

Le ring de la mort
Jean-Jacques Greif - Ecole des loisirs

"Prix Ados" 2000 de la Ville de Rennes

"Prix des Collégiens" 2000 de la Ville de Vannes.

 

 

Un matin de l'été 1943, Marie, dix-sept ans, et sa famille sont arrêtées et emprisonnées à Marseille. Leur crime? Ils sont juifs. Pourtant, ce mot n'a aucune signification pour Marie.

Du camp de Drancy aux entrepôts Lévitan à Paris, elle apprend à gérer l'enfermement et la promiscuité, à dompter la faim, l'ennui, la colère et la peur. Elle découvre aussi la force d'une amitié passionnelle et la merveilleuse solidarité de sa famille...

Les héros et les événements retracés dans ce récit inoubliable sont bien réels. Les documents authentiques qui jalonnent cette tragédie familiale lui apportent un éclairage unique et une proximité saisissante.

 


Je m'appelle Marie

Jacques Saglier - Gallimard jeunesse - Coll. Scripto

 

En 1942, Anne Frank a treize ans. Tandis qu'elle se cache des nazis, elle tient un journal, devenu aujourd'hui l'un des livres les plus célèbres au monde. À travers l'Europe, de nombreux autres enfants au destin brisé nous ont également laissé journaux, lettres et souvenirs. Dans ce récit saisissant, découvrez leur histoire, enrichie de témoignages passionnants sur Anne Frank et ses proches.

En s'appuyant sur des documents bouleversants, Carol Ann Lee brosse un inoubliable portrait d'Anne Frank, auquel se mêlent les voix des autres enfants de la Shoah.

 

Anne Frank et les enfants de la Shoah

Carole Ann Lee - Gallimard jeunesse - Folio junior

 

1939-1945: la Seconde Guerre mondiale embrase la planète et laisse derrière elle des millions de victimes. De Varsovie à Paris, de Pearl Harbor à Stalingrad, de Berlin à Hiroshima, cet ouvrage retrace l'une des périodes les plus noires de l'histoire de l'humanité. Une chronique vivante qui nous entraîne sur les pas de tous ceux qui ont combattu, qui sont morts au champ d'honneur, dans la rue, dans le maquis ou dans les camps de concentration.

Le DVD : Le 18 juin 1940, le général de Gaulle appelle à continuer la lutte. Dès juillet, les premiers Français libres le rejoignent. Ce DVD te fera revivre les années de campagne des Forces françaises libres (FFL) à travers l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Europe, sur terre, sur mer ou dans le ciel. Véritable reportage de guerre, il n'oublie pas les querelles politiques, mais laisse une grande place à l'action des soldats, à leur combat pour l'honneur jusqu'à la victoire.

1939-1945, La seconde guerre mondiale

Franck Segrétain - Fleurus

 

 

Trois personnes ont accepté de nous raconter comment elles ont survécu à l'holocauste. Elles ont chacune vécu des expériences différentes, camp d'extermination, camp de travail et ghetto, mais toutes disent leurs souffrances et leur appétit de vivre avec la même intensité, la même dignité, le même apaisement.
Simone Lagrange a 13 ans 1/2 ans lorsqu'elle est arrêtée à Lyon, le 6 juin 1944, avec ses parents. L'homme qui la torture pour savoir, en vain, où sont cachés ses frères et soeurs, c'est Klaus Barbie, le " boucher de Lyon ". Elle est déportée à Auschwitz, avec ses parents. Elle seule en reviendra. Quelques années plus tard, elle sortira de son silence...


André Migdal est arrêté à 16 ans, par la police française avec deux de ses frères, pour faits de résistance. Il connaît successivement les prisons et les différents camps de concentration français, avant d'être déporté en mai 1944 à Neuengamme. A l'approche des Alliés, en mai 1945, il est évacué avec 11 000 autres déportés, dans les cales d'un bateau, en baie de Lubeck. La Royal Air Force bombarde les bateaux. Ason retour à Paris, il apprend que ses parents ont été déportés et gazés à Auschwitz...

 

Christine Szenberg est née à Varsovie en 1927. En octobre 1940, elle se retrouve parquée dans le ghetto avec sa famille, où elle travaille dans une usine de fabrication de gants. Son père meurt du typhus en 1941. Peu de temps avant la destruction du ghetto par les Allemands, elle s'enfuit avec sa mère et sa petite soeur dans les égouts, où elles vivront cachées pendant trois mois. Elle réussit à en sortir et vivra sous une fausse identité jusqu'à la fin de la guerre...

 

J'ai vécu les camps de concentration : la Shoah : trois témoins racontent

Simone Lagrange, Christine Szenberg, André Migdal - Bayard Presse 



Les histoires sans fin