Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Didier Jeunesse prépare la lettre au Père Noël

Béatrice Courau - 11.10.2017

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C'est à la Maison de la Poésie que les éditions Didier Jeunesse accueillaient un public de bibliothécaires et la presse pour présenter les grands enjeux de la rentrée et les titres de la fin d'année. Auteurs, éditeurs, conteuse et musiciens, tous ont partagé un enthousiasme communicatif lors de ce rendez-vous privilégié.


Des albums et des contes pour les tout-petits, et les adultes aussi


Commençons par le magnifique L’ourse, paru au printemps dernier, mais qui trouvera toute sa place sur les tables de libraires pour la fin d’année. L’automne recouvre peu à peu la campagne et l’ourse  cherche de quoi manger. Elle se prépare pour le long  hiver. Un regard porté par un scientifique sur le cycle de la vie et de  la nature, des métaphores poétiques, une sobriété magnifique.

 

  

 

Plongez-vous dans le monde inimitable de Christian Voltz, qui, avec Savez-vous planter les choux?, propose un tout-carton géant et revisite la comptine connue de tous… (L’auteure du billet voue un amour inconditionnel à Voltz, depuis ses tout-débuts chez Didier Jeunesse et au Rouergue.)

 

Par le bout du nez est l’adaptation par Loes Riphagen de L’enfant d’éléphant de Rudyard Kipling. Du temps où les éléphants n’avaient pas encore de trompe, Petit Elephant se pose beaucoup de questions, jusqu’au jour où… Un livre-objet où les découpes laser et l’ajout de couleurs au fur et à mesure des questions de l’éléphanteau vous mèneront à la grande découverte!

 

 

 

Mêli-mêlo en forme de cadavre exquis, drôle et chatoyant, sur les animaux du zoo, Les animaux magiques de Florence Vidal, initialement paru en 1967, vous donne à voir une étrange ménagerie, et de surprenantes combinaisons, à la fois visuelles et sonores. (Et l’on songe aux volumes de Pittau et Gervais…)

 

Avec Cavale, dans lequel on retrouve le trait somptueux si caractéristique de Rebecca Dautremer, l’on suit un personnage qui court, qui court tellement il a peur de la mort. Il va se heurter à Montagne, qui elle ne bouge pas, en espérant passer inaperçue…
 

Un texte parfait pour la lecture à voix haute, aux accents allégoriques doublé d’une belle métaphore mélancolique sur le temps qui passe, l’amour et la mort.

 

 



Dans l’univers fermé de sa maison, la vieille dame a planté une graine dans un pot. De cette graine est née une petite fille, pas plus haute qu’un pouce. Rideaux tirés, la vieille dame protège son secret. Mais P’tit Pousse veut découvrir le monde et s’enfuit, sa coquille de noix sous le bras… Une revisite du conte Poucette d’Andersen, avec une héroïne curieuse, libre et frondeuse !

 

 

Des lectures entre uchronie, fantômes et cause animale

 

Côté lectures, on retiendra particulièrement la parution du deuxième volet de la sage Roslend, de Nathalie Somers. L’histoire prenait racine lors de la Bataille d’Angleterre, à Londres en 1940, dans le premier tome :  sous le feu des bombardements allemands, Lucan, 14 ans, devait faire face à la mort brutale de son grand-père. En touchant le cadran de l’horloge qu’il lui avait léguée, le jeune garçon était propulsé dans un univers extraordinaire et également menacé : Roslend. Ici, Nathalie Sommers nous amène à Stalingrad, et Lucan va basculer à Trisanglad, au destin duquel le "vrai monde" est lié. S’appuyant sur un extraordinaire travail de recherche historique, usant des anagrammes pour mettre en place un jeu de miroirs, elle joue et dépasse les codes habituels de l’uchronie. Palpitant.
 

 



Megumi n’a peur de rien. Surtout pas d’un fantôme irlandais qui hante la maison de ses ancêtres, qu’elle rencontre lors de vacances en Irlande. D'autant que ce fantôme s'avère être celui d'un ancêtre justement! Saura-t-elle lever la malédiction qui pèse sur lui ? Le ramenant au Japon pour résoudre l’énigme de ce sort, une histoire pleine de rebondissements où l’on croise Yokaï et robots dans le Japon des années 80. Un choc des cultures, mais il y est aussi question d’héritage familial, d’identité, d’injustice et d’amitié.

 

Quelques mots sur deux titres de la sélection du Prix Vendredi :

 

Dans un immense flash back, Kiet se souvient : dans sa famille, on est dresseurs d’éléphants de père en fils. Le jour de ses dix ans, Kiet part avec son père et des chasseurs pour capturer son premier éléphanteau. Pendant plusieurs jours, l’enfant participe au « Phajaan », une méthode de dressage traditionnelle particulièrement cruelle qui marquera à jamais le jeune garçon… Un texte coup de poing, pour de jeunes lecteurs avertis, mais indispensable, puisqu’il dénonce la torture animale.

 

 



1968, Idaho. Dans sa maison perdue au milieu des champs, May, 15 ans, s’occupe comme elle peut de son petit  frère, depuis que ses parents sont partis précipitamment en mission. Pour  le distraire de son handicap, elle lui fabrique en secret la navette spatiale  de sa série préférée : Star Trip. Mais débarque alors l’acteur principal de la série ! Sous l’impulsion de l’acteur, commence  un voyage rocambolesque. Un road movie déjanté et psychédélique!

 

 

Des livres-disques pour rêver

 

Moment particulièrement privilégié, Halima Hamdane vient nous conter Yassir la chance… La conteuse truffe ses récits facétieux de mots arabes et de sa voix musicale, elle nous invite à un fabuleux voyage…

Le tissage de l’arabe et du français donne à entendre un message fort, fait d’humour et de tolérance, de sagesse et de poésie, sur, l’air de rien, le pouvoir des femmes… Rappelant qu’il y a une véritable richesse patrimoniale à exploiter et partager : quand les hommes racontent l’épopée, les femmes content l’intime et ancrent cette écriture orale. Moment de grâce.

 

 
 


Un immense coup de coeur pour Alice et Merveilles, adapté du Lewis Carroll par Stéphane Michaka pour le texte, avec un ton résolument contemporain, avec la contrainte d’être soumis à l’heure d’adaptation musicale menée par Didier Benedetti avec l’Orchestre National de Radio France. Le livre est somptueusement illustré par Clémence Pollet. Nous y reviendrons dans un prochain billet.

 

 

 

Enfin, la rencontre se termina par un concert donné par Ceilin Poggi et Thierry Ellez, compositeur et interprète des Berceuses et baladines jazz, reprises joyeuses, douces et délicates de grands standards de jazz et soul destinées aux tout-petits. Un pur moment de poésie, avec les textes de Murielle Szac.


 

 

José Ramón Alonso, ill. Lucía Cobo - L’Ourse - Didier Jeunesse -9782278085378 - 14,20 €

Christian Voltz - Savez-vous planter les choux? - Collection Pirouette - Didier Jeunesse - 9782278085422 - 19,90 €

Loes Riphagen - Par le bout du nez - Didier Jeunesse -9782278089635 - 16 €

Florence Vignal - Les animaux magiques - Didier Jeunesse - 9782278085453 - 16,50 €

(à par. 25/10) Stéphane Servant, ill. Rebecca Dautremer - Cavale - 9782278085439 - 20 €

Cecile Hudrisier - P’tite Pousse - 9782278089628 - 12,90 €

(à par. 2/11) Nathalie Somers - Roslend T2 Trisanglad - 9782278085637 - 17 €

Eric Senabre - Megumi et le fantôme - 9782278085613 - 12 €

Jean-François Chabas - La loi du Phajaan -9782278085699 - 13,50 €

Eric Senabre - Star Trip - 9782278081745 - 15,90 €

Halima Hamdane - Yassir la chance - 9782278089222 - 17,70 € - Avec CD

(à par. 2/11) Stéphane Michaka, musique Didier Benetti, ill. Clémence Pollet - Alice et Merveilles - 9782278089284 - 23,80 € - Avec CD

Murielle Sac, musique Ceilin Poggi et Thierry Ellez, ill. Ilya Green - Berceuses et balladines jazz -9782278089215 - 13,90 € - Avec CD

 

 

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