Dumbo s'envole à nouveau grâce à Tim Burton

Fred Ricou - 12.03.2015

Edition - Dumbo - Tim Burton - adaptation


Il y a quelques mois nous annoncions que le réalisateur américain Tim Burton allait s'attaquer à l'adaptation de Miss Peregrine et les enfants particuliers (Bayard jeunesse) de Ransom Riggs. Alors que le tournage est en cours, nous venons d'apprendre que le metteur en scène de Edward aux mains d'argent et de Sleepy Hollow allait se pencher sur l'adaptation de… Dumbo, l'éléphant !

 

 

Dumbo n'est pas que le résultat d'un dessin animé Disney de 1941, il est avant tout une histoire écrite par Helen Aberson et illustrée par Harold Perl, parue en 1939. À la suite du film, l'auteur a continué d'écrire des textes pour la jeunesse, mais ne sera plus jamais publié…

 

 

La nouvelle de cette nouvelle adaptation a rapidement fait le tour du net, laissant ses fans un peu pantois en allant de la joie qui accompagne chaque film du réalisateur à l'incrédulité jusqu'à la colère ou les fans se demandent, comme Géronte dans Les Fourberies de Scapin, « Que diable allait-il faire dans cette galère ? ».

 

Il est vrai qu'un réalisateur n'est pas obligé de rester dans un genre particulier, les fans de la première heure de Tim Burton aiment son humour macabre présent dans Beetlejuice, Ed Wood ou encore Mars Attack, d'autres vénèrent sa vision si particulière qu'il pose sur les grands héros comme dans Batman 1 & 2.

 

Là où, d'après nous, la carrière du génial réalisateur a commencé à flancher, c'est au moment du virage de La Planète des singes où tout ce que nous aimions chez le réalisateur, dans ce film, était absent : l'humour noir comme la vision personnelle de l'œuvre. Même si l'on sait aujourd'hui que le réalisateur a été pressé par la Twentieth Century Fox de réaliser un film plus « familial » que sa volonté première.

 

S'en est suivi Big Fish, un film surprenant, loin des premiers, mais là, nous avions retrouvé le réalisateur que l'on aime. Et même si faire un film plein de bons sentiments n'était pas dans ses habitudes, celui-ci se laisse voir et revoir sans peine.

 

Deuxième virage, le début des adaptations de littérature jeunesse avec Charlie et la Chocolaterie. Bourré de clins d'œil à Edward aux mains d'argent, la mise en scène du roman de Roald Dahl reste amusante, mais commence à faire sincèrement mal au yeux, en cause les couleurs flashy de l'usine Willy Wonca et le sentiment d'avoir mangé trop de sucre. Les maux de tête et les vomissements viendront plus tard avec sa découverte de la 3D dans Alice au pays des merveilles, et là c'est la catastrophe. Les fans ne reconnaissent plus l'artiste et pourtant, le film rapportera plus de 330 millions de dollars au box-office et le pire dans tout ça, la suite Alice au pays des merveilles 2 est déjà en post-production…

 

Aujourd'hui, on regarde l'œuvre de Burton comme la fin d'un repas familial où un vieil oncle très drôle pendant notre enfance n'est plus que le reflet de lui-même et où l'on espère à chaque fois que la prochaine blague / le prochain film ne le fera pas sombrer plus bas qu'il n'est. On s'inquiète…

 

Mercredi 18 mars, sort sur les écrans français Big Eyes, nouvel ovni dans la carrière du réalisateur, il s'est attaché à raconter l'une des plus importantes impostures de l'histoire de l'art avec le récit vrai de Margaret et Walter Keane. Premiers pas dans un film « réaliste » bien que Ed Wood était également une sorte de biopic, les premières critiques n'hésitent pas à dire que c'est son meilleur film depuis une dizaine d'années.

 

Pour le site spécialisé en littérature jeunesse que nous sommes, nous attendons impatiemment sa version de Miss Peregrine et les enfants particuliers qui devrait sortir en 2016. Il est encore temps pour qu'avec Dumbo, le réalisateur fasse machine arrière puisqu'il devrait également travailler sur un Beetlejuice 2.

 



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