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Harry Potter aide à appréhender la mort et le deuil

Cécile Mazin - 07.08.2017

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Une nouvelle fois, la littérature démontre qu’elle peut déplacer des montagnes. Et c’est Harry Potter qui a fait l’objet d’une étude inédite : la relation de l’apprenti sorcier à la mort aiderait les lecteurs à comprendre l’épreuve du deuil. Même les films auraient des vertus thérapeutiques...


The Making of Harry Potter 29-05-2012
Karen Roe, CC BY 2.0

 

 

Deux scientifiques se sont lancés dans une analyse des livres et des films Harry Potter. Le personnage est, remarquent-ils, particulièrement touché par la mort. Cela commence avec ses parents qui disparaissent, alors qu’il n’est que bébé. Lui-même échappe à Voldemort, décidé à le supprimer. Et par la suite, plusieurs protagonistes décèdent – comme Dumbledore, une sorte de point d’orgue.

 

Les auteurs de l’étude Lance Garmon et Meredith Patterson, tous deux maîtres auxiliaires à l’université de psychologie de Salisbury, dans le Maryland, on décidé d’y voir plus clair. Ce 3 août, lors de la conférence annuelle de l’American Psychological Association, ils ont présenté leurs conclusions. L’idée était de travailler sur la relation instaurée entre le lecteur/spectateur, et la notion de mort, dans l’univers de Potter. 

 

Selon eux, les fans qui ont été gavés de Potter dès le plus jeune âge pourraient avoir développé des mécanismes psychologiques spécifiques. Leur relation à la mort impliquerait un niveau de conscience plus important de ce que la mort fait partie de la vie. Et cette approche les conduirait à mieux appréhender des questions liées à la disparition. 

 

Près de 400 étudiants se sont prêtés à l’étude, avec plusieurs critères retenus : le nombre de lecture ou de visionnage des œuvres, d’une part. De l’autre, les raisons qui les ont poussés à regarder ou lire les œuvres, et finalement, la manière dont ils conçoivent la mort, au quotidien. 

 

En moyenne, les étudiants avaient lu au moins neuf fois les livres et vu au moins 30 fois les films. On peut envisager un matraquage intensif. Mais mis en parallèle avec un groupe qui n’affichait que 3 lectures et 11 visionnages, ces étudiants présentaient des caractéristiques distinctes.

En effet, ils considéraient que la mort jouait un rôle important dans l’œuvre. Ce groupe faisait d’ailleurs preuve d’une plus grande conscience de la mort – ils avaient réfléchi au sujet ou se montraient sensibles, voire anxieux. 
 

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Mais quand ils expliquent les raisons pour lesquelles ils se sont gavés de Potter, tout s’éclaire. Ceux qui ont répondu avoir lu ou vu les œuvres pour affronter le sujet faisaient preuve d’une plus importante prise de conscience vis-à-vis de la mort. Ainsi, les œuvres leur ont permis de mieux se confronter au sujet. Au contraire de ceux qui n’ont vu/lu les œuvres que pour se divertir.

 

Cela n’implique pas, bien au contraire, que voire ou lire Harry Potter entraîne des pensées morbides, sinistres ou une forme d’obsession pour la mort, soulignent les auteurs de l’étude. 
 

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Cette découverte, si l’on peut dire, aurait des applications immédiates pour les parents, estiment les scientifiques. En effet, pour évoquer la disparition, s’appuyer sur Potter offrirait un cadre sécurisé, en termes émotionnels. En échangeant sur la série de livres ou de films avec leur enfant, les parents auraient alors un terrain plus propice, même quand il est pour eux difficile d’aborder le sujet.  

 

Leur étude n'a cependant pas encore été publiée dans un journal scientifique ni examinée par leurs pairs. 
 

via Live Science



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