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Les histoires avec des humains plus adaptées à l'apprentissage des enfants

Antoine Oury - 25.08.2017

Edition - livres jeunesse apprendre - livres jeunesse humains - livres jeunesse animaux


Des chercheurs de l'Institut d'études en éducation de l'Ontario se sont penchés sur les personnages des ouvrages destinés à la jeunesse, en s'intéressant tout particulièrement à leur poids sur l'apprentissage auprès des plus petits. L'équipe de chercheurs assure que les personnages aux traits humains permettraient d'assimiler plus facilement les enseignements et autres morales des livres jeunesse, contrairement aux animaux ou objets.


Galerie des héros - Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil 2013
Et les monstres dans tout ça ? Dessin de Maurice Sendak pour Max et les Maximonstres
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 


Trotro et consorts ne sont peut-être les mieux placés pour donner des leçons aux enfants : la chercheuse Patricia Ganea et son équipe assurent que les livres jeunesse dont les personnages sont des animaux ont un effet moindre sur les jeunes lecteurs. Ainsi, les enseignements de ces ouvrages seraient moins bien assimilés par les enfants : « Les enfants ont plutôt tendance à apprendre de livres dont les personnages leur permettent de s'identifier facilement », explique Ganea.

 

Pour affirmer ce résultat, les chercheurs ont mis en place un processus de recherche comportemental : de jeunes enfants ont écouté une histoire lue. Certains ont eu droit à une histoire avec des personnages humains, d'autres avec des personnages anthropomorphes. Avant la lecture, les participants avaient reçu un certain nombre d'autocollants, qu'on leur a proposé de donner à d'autres enfants après les lectures.

 

Les chercheurs se sont donc basés sur la volonté des enfants de donner ou non les autocollants pour déterminer les effets de l'histoire sur leur comportement. La mesure vaut ce qu'elle vaut, mais les chercheurs assurent que les résultats ont été probants : « Lire l'histoire avec des personnages humains a considérablement amélioré l'altruisme des enfants, mais l'histoire avec des personnages anthropomorphes a au contraire réduit les réactions altruistes », explique Patricia Ganea.

 

Évidemment, l'objectif de l'étude n'était pas de dénigrer la littérature anthropomorphe, mais ces résultats soulignent plutôt qu'il faut multiplier la diversité des représentations humaines dans les livres pour la jeunesse, afin que tous les enfants puissent s'identifier à des personnages humains. « L'enseignement de cette étude, c'est qu'il faut écrire encore plus de livres jeunesse. Il sera beaucoup plus simple, pour les enfants, de s'identifier à une fille ou un garçon plutôt qu'à un raton laveur qui parle », termine Ganea.

 

 

L'étude complète a été publiée dans Developmental Science.


via CBC News

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