Loi homophobe : en Russie, 100 Histoires pour filles rebelles, moins une

Antoine Oury - 07.11.2018

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Un cas de censure avéré a été découvert en Russie, autour du livre Histoires du soir pour filles rebelles d'Elena Favilli et Francesca Cavallo. L'ouvrage, qui présente 100 destins de femmes extraordinaires, s'est vu amputé d'une de ses histoires. Celle de Coy Mathis, une petite fille transgenre qui, aux États-Unis, s'était vu refuser l'accès aux toilettes des filles de son école.


Les pages consacrées à Coy Mathis dans la version américaine du livre (via Twitter)


Née garçon, Coy Mathis, âgée de 6 ans en 2013, s'est battue, soutenue par ses parents, pour avoir le droit d'utiliser les toilettes des filles de son école : depuis plusieurs années, Coy s'identifiait en effet comme une fille. Son histoire, qui avait soulevé de nombreux débats aux États-Unis, apparait dans le livre d'Elena Favilli et Francesca Cavallo, Histoires du soir pour filles rebelles, traduit en français par Jessica Shapiro aux éditions Les Arènes.

En Russie, l'histoire de Coy Mathis a purement et simplement disparue : Liza Lazerson, bloggeuse féministe, résidente à Moscou, a découvert que l'édition russe de l'album, publiée par Bombora, filiale du groupe Eksmo, avait censuré le récit. 

Interrogé par le magazine Takie Dela, l'éditeur a expliqué qu'en Russie, « la publication de la version complète est malheureusement impossible ». La censure interviendrait ainsi pour se conformer à la loi prohibant « la promotion de relations sexuelles non-traditionnelles entre des mineurs », qui fait partie des lois interdisant la « propagande homosexuelle » en Russie. Ces dernières ont été introduites par le régime de Vladimir Poutine, à des fins électoralistes envers les partisans conservateurs.

« En publiant cet album, nous nous sommes dit que ce livre était intéressant à lire pour les petites filles russes, même dans une version abrégée. Nous respectons les choix de chaque lecteur et nous présentons nos excuses si ce choix a blessé certaines personnes », a précisé l'éditeur. Les maisons d'édition, qui risquent des amendes en cas d'infraction à la loi, sont ainsi poussées à l'autocensure.
 

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Adoptées en 2013 en Russie, les lois contre la « propagande homosexuelle » ont des effets délétères sur l'activité et la liberté des maisons d'édition. En août 2017, l'éditeur russe des livres de VE Schwab avait censuré une scène romantique entre deux hommes, sans le consentement de l'auteure.

La législation russe impose une amende maximale de 100.000 roubles (près de 1600 €) en cas de condamnation pour une personne, mais d’un million de roubles pour une société.

Pour proposer à la vente un livre présentant des éléments faisant référence à l'homosexualité, les éditeurs et auteurs autopubliés doivent indiquer précisément qu'il est réservé à un public âgé de plus de 18 ans, et les présenter sous un emballage plastique.


Commentaires

Mais ne trouvez-vous rien de malsain à laisser croire à des garçons pas même pubères qu'il peuvent très bien être des filles (et vice-versa) simplement en le souhaitant assez fort ? Peu importe quels vêtements, quelle quantité d'hormone ou combien d'opérations, le fait biologique restera là. Coy, et sans doute d'autres, n'en ont certainement pas pris pleinement conscience à un âge pareil mais ils seront bien amenés à réaliser tôt ou tard de quelle illusion on les a bercés.



La censure dans l'édition me semble généralement malvenue (même si elle existe, sous plusieurs formes, et parfois avec de bonnes raisons d'être) mais dans le cas présent, je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est une bonne chose de ne pas présenter à des enfants aussi jeunes et influençables un cas pareil comme une chose banale et acceptée (en tout cas, c'est le sentiment que donne la page en en-tête : il veut qu'on le considère comme une fille, le médecin dit que ce sont des choses qui arrivent et qu'il faut le laisser être une fille, les professeurs n'acceptent pas qu'il soit une fille, le juge dit qu'il peut utiliser les toilettes des filles...)



La publication d'une telle double-page vous semble-t-elle sincèrement inoffensive ?
C est triste , une fillette trans russe aurait pu en le lisant se dire qu'elle n est pas seule au monde, lui donner de l espoir...Mais c est malheureusement pas étonnant de la part de la Russie .

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