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Lou ! Journal infime, l'adaptation réussie de Julien Neel

Fred Ricou - 08.10.2014

Edition - lou - julien neel - adaptation


Lou vit seule avec sa mère. On pourrait même résumer ça, à : « Deux préados vivent ensemble » tellement la mère de Lou passe ses journées sur le canapé à caresser le chat ou à jouer aux jeux vidéos. Lou est beaucoup plus « adulte » que sa mère qui s'enfonce doucement dans la mélancolie.

 

Lou, quant à elle est joyeuse, souriante et amoureuse en secret de son mignon petit voisin qui habite juste en face. Plus qu'un amour, c'est une véritable passion obsessionnelle que Lou a pour Tristan. Sur le balcon de sa chambre, elle ne cesse de l'observer aux jumelles, elle le connaît presque par cœur... mais elle n'a jamais osé lui parler !  

 

Le gentil Richard, quant à lui, arrive dans le quartier avec sa guitare et il semblerait bien que la maman de Lou ne soit pas insensible à ses charmes.

Lou, ses amies, Tristan, ses copains, le beau Richard et la maman de Lou vont se découvrir des ressources qu'ils ne se croyaient pas possible, d'autant que le facteur déclencheur de tout ça, la grand-mère de Lou s'apprête à débarque dans  leur petit univers bariolé et foutraque…

 


Lou, Journal infime - Bande-annonce par LesHistoiresSansFin

 

Premier film de Julien Neel, Lou ! est la transposition à l'écran des premiers tomes de sa série BD éponyme.

Les fans remarqueront rapidement que l'adaptation n'est pas linéaire, elle ne suit pas forcément ce qui se passe dans la BD, même si la plupart des situations se trouvent dans les tomes 1,2 et 3.

 

Julien Neel a réussi à se réapproprier son univers « bdésque » en en faisant à fois un film en décor, pour la plupart du temps, artificiel, mais dans lequel, une fois le postulat accepté, le spectateur se glisse avec un grand grand plaisir.

 

Certainement très inspiré par l'univers de Michel Gondry (L'écume des jours, La science des rêves), mais également par des films comme Blade Runner (si ! si ! je vous assure…)  on sent que Julien Neel s'est réellement amusé à créer les décors, les animations, les objets (ce film est une grande brocante multi couleurs des années 70-80). Né en 1976, le réalisateur a fait appel à ses souvenirs d'enfance pour recréer une enfance rêvée.

 

{CARROUSEL}

 

La jeune Lola Lasseron est assez épatante et d'une jolie fraicheur à l'écran. Ludivigne Sagnier, pour (d'après nos recherches…) son premier rôle en tant que mère de préado est au début assez déroutante, mais au fur et à mesure que le film avance, le personnage évolue et le spectateur s'habitue. Kyan Khojandi (« le mec de Bref ! ») dans son premier rôle au cinéma, celui d'un Richard « chevelu » étonne avec son personnage de vrai gentil et on aimerait vraiment tous l'avoir comme copain.

 

Il manque peut-être parfois une légère direction d'acteur un peu plus stricte, ceux-ci sont souvent en « roue libre », mais dans l'ensemble, le film est un vrai bonbon acidulé dont on se délecte avec plaisir. Pari réussi !



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