Miss Peregrine signe enfin le vrai retour de Tim Burton !

Fred Ricou - 05.10.2016

Edition - Tim Burton - Miss Peregrine - Ransom Riggs


Tim Burton revient ! Non, mais vraiment ! Depuis quelques années, le réalisateur happé par Disney nous avait servi une soupe tiède très loin de la poésie d'Edward aux mains d'argent ou de la féroce satire d'un Mars Attack. Tim Burton revient, et ce, grâce à l'excellente série pour adolescent Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ramson Riggs. Un vrai retour !

 

 

Jacob est un adolescent seul. Pas vraiment d'amis, pas vraiment de vraie vie. Seul son grand-père, Abe, à qui il voue une admiration sans borne lui permet d'égayer réellement ses journées. Malheureusement, celui-ci est atteint de démence sénile et la plupart de ce que le vieil homme a pu raconter à son petit-fils ne sont que, d'après son fils (le père de Jacob) et les médecins, le résultat d'un esprit dérangé lié à une imagination galopante.

 

Un soir, Abe appelle son petit-fils à l'aide. Celui-ci le retrouve plus tard dehors, mourant, et les yeux arrachés. "Fais confiance à l'oiseau, il t'expliquera tout" laisse-t-il échapper avant de mourir.

L'adolescent sait au fond de lui que les souvenirs que lui racontait son grand-père sont la cause de cette mort violente et qu'il a tout intérêt à partir sur les traces de son passé pour démêler le vrai du faux.

 

Ce qu'il va découvrir dépasse l'imagination et peut-être que, quand Abe lui racontait une partie de son enfance, de sa fuite en Angleterre pendant la guerre, de son arrivée dans l'étrange maison de Miss Peregrine et de la vie avec les enfants particuliers, le tout était peut-être vrai, même si cela est dur à concevoir.

 

 

On comprend aisément ce qui a attiré Tim Burton dans cette aventure. Le souvenir d'une enfance morne et différente, comme il l'avait déjà exploré dans Edward aux mains d'argent, des histoires racontées où il faut démêler le vrai du faux un comme dans Big Fish. Des personnages "monstrueux" qu'il affectionne tant...

 

Miss Peregrine est désormais à la fois une série de littérature ado adorée par le public (le premier tome s'est vendu à 3,1 millions d'exemplaires), mais également aujourd'hui une excellente adaptation signée par l'un des maîtres du genre. Même si, il a fallu faire des coupes et des simplifications dans l'histoire. Même si la fin, un peu différente de l'histoire originale, joue la carte de l'ouverture-fermeture, on ne sait jamais, on n'est jamais à l'abri d'un succès...

 

Les acteurs sont efficaces, le jeune Asa Butterfield est certainement l'un des acteurs américains sur lesquels il faudra compter demain. Eva Green, dans le rôle éponyme, est somptueuse et Samuel L. Jackson, cabotine un maximum mais il donne ainsi au personnage de Barron, une dimension qu'il n'avait pas forcément dans le livre.

 

Tim Burton, régulièrement fait des petits coucous à ses fans de la première heure (tiens, les sculptures de buissons comme dans Edward sont également dans le jardin de Miss Peregrine…), et comme Hitchcock, nous fait même l'honneur d'un petit caméo d'une demi-seconde… Il ne faut pas cligner les yeux, c'est très très rapide !

 

Miss Peregrine et les enfants particuliers est donc bien un film de Tim Burton avec Tim Burton aux manettes. Les fans des livres de Ransom Riggs (éditions Bayard) ne seront pas en reste, on ne sait plus finalement si c'est du Riggs ou du Burton, le tout est un bel objet, une belle adaptation assez rare en littérature adolescente. On espère sérieusement que sa période Alice au pays des merveilles est terminée pour qu'il nous donne plus des films de cette qualité ! Tim Burton est vraiment de retour !!!!

 

 



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