Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Oniria, une coédition pour déjà préparer le film

Fred Ricou - 30.09.2014

Edition - oniria - adaptation - hachette romans


Vous n'avez pas encore entendu parler d'Oniria ? Rassurez-vous, c'est normal, il ne paraît que mercredi 1er octobre. Écrit par B.F Parry, une nouvelle auteure française dont c'est le premier roman, Oniria raconte l'histoire de Eliott, 12 ans, qui va découvrir un sablier magique qui va lui permettre de voyager dans un monde aussi merveilleux que dangereux : Oniria, le monde des rêves.


Les lecteurs habitués du site Les Histoires Sans Fin savent que nous n'annonçons que très rarement des livres sans les avoir lu, alors pourquoi celui-ci ?

 

Laissez-nous vous expliquer. Pour faire simple, quand un roman paraît chez un éditeur, celui-ci va se charger par la suite de vendre les droits audiovisuels à une société de production pour qu'elle puisse se servir de l'histoire et en faire une œuvre audiovisuelle (cinéma, télévision, radio). L'auteur peut également s'en charger, mais à peu de choses près, l'idée est la même. 

 

Pour Oniria, c'est un tout petit peu différent. Le roman est coédité par Hachette Romans, mais aussi par la société Hildegarde. Comme l'annonce leur site internet, la société Hildegarde est destinée à assurer la production et le développement de contenus artistiques et créatifs, à travers une approche transmédia. C'est donc, une passerelle entre différents métiers, entre l'édition et l'audiovisuel.

 

Nous avons voulu en savoir un peu plus en contactant Marion Delord, la directrice de Hildegarde.

 

Pour une fois, ce n'est pas une société de développement qui est venu chercher un texte chez un éditeur pour en acheter les droits...

L'auteur est une amie qui m'a fait lire très en amont les premiers chapitres de la future saga Oniria, à l'époque simplement pour recueillir mon avis - car j'étais une ancienne agente littéraire de chez Susanna Lea Associates. Mais j'avais depuis quitté mon métier d'agent pour rejoindre Reginald de Guillebon à la tête de Hildegarde, un groupe présent aujourd'hui dans le secteur de l'éducation et des médias (voir présentation du groupe en sur le site hildegarde.com).
Entre temps, Reginald m'a chargé de trouver des projets "mixtes" à fort potentiel littéraire et audiovisuel que nous aurions pu développer au sein d'Hildegarde, en étant en amont de la création de la propriété et détenteur des droits littéraires et audiovisuels.
J'ai senti qu' Oniria pourrait être LE projet qui nous permettrait de réaliser cette ambition : un univers merveilleux et merveilleusement construit, des personnages drôles et attachants, et surtout le retour vers un vrai grand roman d'aventure et de magie (après toute la vague des séries apocalyptiques et sombres...).

 

 

Comment s'est déroulé le travail avec Hachette Romans ?

Après un long travail sur le texte d'Oniria (environ 3 ans), le texte était fin prêt. Hachette Romans qui l'a reçu, a immédiatement eu un coup de cœur, puis accepté le principe d'une coédition avec nous (la coédition n'est pas dans leurs habitudes... mais ils ont comme nous pressenti le potentiel de cette saga...). Hildegarde qui possédait les droits littéraires acquis auprès de l'auteur les a donc apportés dans le contrat de coédition avec Hachette Romans. Nous sommes donc à 50/50 sur les droits d'édition et nous collaborons sur le suivi éditorial, mais aussi sur la stratégie marketing et commerciale, les visuels... 

 

En quoi vous différenciez-vous d'Hachette Roman pour Oniria, par exemple ?

En fait, Hildegarde est éditeur, mais pas éditeur dans le sens traditionnel du terme, puisque nous ne possédons pas (et nous ne souhaitons pas posséder) de structure de fabrication, de distribution et de diffusion...  Notre stratégie est de nous adosser à des éditeurs reconnus pour garantir cette partie-là. Nous apportons les droits, le contenu, la matière grise... nos compétences marketing et visuelles (par exemple, nous avons choisi de travailler avec un illustrateur, Aleksi Briclot, spécialisé dans le jeu vidéo et le concept art pour les films, qui a réalisé sous notre supervision une superbe couverture qui ressemble à une affiche de film, ainsi que des illustrations pour un cahier couleur central + nous avons amené l'idée d'une couverture lenticulaire - c'est à dire avec un effet 3D de profondeur, assez... spectaculaire !)
Hildegarde est seule propriétaire des droits audiovisuels.

 

Concrètement, quelle vie va avoir ce premier livre ?

Les 4 tomes de la série seront publiés à un rythme soutenu (tous les 6 mois, le 2e tome est prévu pour le 1er avril 2015). Et nous soutiendrons la saga jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la parution du dernier tome - car il faut du temps et de la patience pour installer les choses en édition... Nous saurons donc être patients même si le succès n'est pas d'emblée au rendez-vous !

Et si Oniria rencontre son public, alors nous serons heureux de développer le projet audiovisuel (film de long métrage en prise de vues réelles), qui sera ainsi plus "facile" à monter.

De notre côté, notre stratégie est bien d'être à l'origine des projets, et propriétaire des droits, plutôt que d'être "dépendants" des projets des autres. Nous développons les projets auxquels nous croyons (peu de projets, mais soigneusement sélectionnés), sur tous les supports : nous ne sommes donc pas simplement producteurs... Et nous sommes en recherche active d'autres projets à développer ainsi.

 

 

On peut donc vous envoyer des manuscrits ?

Absolument ! Pour le moment, je "chasse" moi-même auteurs et même illustrateurs. Des illustrateurs peuvent être très intéressants pour nous, car nous cherchons des propriétés à développer à la fois en albums et en série TV - une de nos spécialités aux Armateurs*, et chez Folimage).

 

*Société de production qui a produit entre autres Kirikou, Ernest et Célestine et Les Triplettes de Belleville



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