Rémunération des auteurs : l'État doit exiger l'exemplarité

Nicolas Gary - 04.10.2018

Edition - labo histoires auteurs - rémunération auteurs subventions - industrie livre lecture


Des années de négociations, et tout se résout en un tournemain. La rémunération des auteurs intervenant dans les ateliers du Labo des Histoires était remise en question par les organisations d’auteurs, SGDL et Charte. Mais l'association a promis une mise en conformité, en regard des exigences posées par l’obtention de subvention. 


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ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Nous interrogions les pratiques dans un long article diffusé en début de semaine : le Labo des Histoires jouait-il à l’apprenti sorcier ? Bénéficiant de subventions de la part du Centre national du livre et de la Sofia, il se devait d’appliquer les grilles de rémunérations impératives. 

 

Or, dans son approche, le Labo arguait que ses ateliers ne duraient qu’une demi-demi-journée, et invoquait le droit d’aménager les montants versés aux auteurs en vertu de ce principe.

 

Un message adressé aux organisations, émanant du délégué général, Charles Autheman, a garanti que ce fractionnement serait désormais arrêté. Une demi-journée n’est pas sécable en deux ateliers qui seraient réalisés sur deux journées différentes. 
 

Blanquer et Nyssen interpellés

 

Dans le même temps, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse s’est fendue d’un courrier adressé au président du CNL, ainsi qu’aux ministres de l’Éducation nationale et de la Culture. En effet, le Labo a signé une convention tripartite avec les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture.

« Cette convention va placer le Labo comme interlocuteur privilégié des médiathèques, bibliothèques, établissements scolaires, en faisant un intermédiaire entre les auteurs et leurs partenaires, en leur proposant alors d’emblée des rencontres avec un tarif deux fois inférieurs aux tarifs Charte », rappelle la Charte. 

 

Tout cela, alors même que Françoise Nyssen rappelait dans son discours l’importance de l’éducation artistique et culturelle, et le soin qu’il fallait porter aux auteurs. Extrait de la lettre : 

 

« Dans votre discours, Madame la Ministre de la Culture, vous rappeliez l’importance des auteurs dans la société. À l’heure où l’éducation artistique et culturelle est une priorité politique, nous demandons à l’État de ne pas briser 45 ans de construction d’un acquis social, mais de le renforcer. L’État ne peut se faire le complice de la paupérisation des auteurs et se doit de demander à tous les organismes qu’il subventionne d’être exemplaire en appliquant les tarifs de la Charte à la lettre. »

 

Et pendant ce temps, sur les réseaux...

 

Le président du CNL, Vincent Monadé, a salué la sortie de crise entre les parties, appréciant la mise en conformité que le Labo allait désormais mettre en place. Mais pour autant, des questions se posent : quid d’une rétroactivité des paiements ? Et plus encore, souligne la présidente de la Charte, les mots ont un sens.

 

 

 

 

Reste alors aux pouvoirs publics de conférer à qui de droit le pouvoir d’imposer réellement et de contrôler efficacement la mise en application des tarifs idoines. La rémunération des auteurs est une condition sine qua non de l’obtention de subvention.

Le Centre national du livre n’a pas de pouvoir coercitif, pas plus que la Sofia, pour obtenir le respect de cette règle. Seule une sanction peut intervenir, l'année suivante, en cas de dépôt de demande de subvention. Quid, alors ?

 

 

 

 


 

On peut retrouver ci-dessous l'intégralité de la lettre adressée à Françoise Nyssen.

 

 




Commentaires
Voeux pieux, tirage de la ministre par la manche. Tout ça n'est que frilosités et pantomimes. Personne n'ignore que la Ministre - convaincue par le Canard Enchainé de fraudes et malversations diverses avec son mari, comment lui faire confiance, comme se fait-il qu'aucun syndicat de l'édition ne demande sa démission ? - est la dirigeante d'une boite multinationale d'édition industrielle. Que l'édition est une sorte d'équivalent laboratoire de l'hyper-capitalisme. Et que Nyssen représentant le pognon, le C.A des gros et gras, 97% du C.A total de l'édition ne fera rien. Alors, baratin. Et pendant ce temps le droit d'auteur est tombé en 10 ans à 7%. Qui a demandé, parmi les politiques qu'on paye ceux qui font le livre, les auteurs ? Qui a piqué tout ou partie des bénéfices de la distribution pour les payer ? Qui a tenté quelque chose pour relancer la diversité du livre, sa qualité fasse au naufrage industriel ? Personne. Alors, les lettres à madame machin, l'interpellation à monieur untel, je dis "prout". La seule chose aujourd'hui, serait un #balanceTonEditeur, exposant les méthodes pour écraser et les auteurs et les pétits éditeurs, les compromissions de cette coterie gros éditeurs/politiques qui s'entendent sur le dos de la Littérature.
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