Romain Puértolas : "La trisomie 21 me tenait à coeur"

Fred Ricou - 29.11.2017

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En septembre dernier, Romain Puértolas, l’auteur de L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea faisait ses premiers pas en littérature jeunesse avec Un détective très très très spécial que nous avions adoré. À l’occasion du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, nous avons rencontré l’auteur pour qu’il nous en dise un peu plus…


Un détective très très très spécial, c'est l’histoire d’un jeune trisomique qui va se mettre à enquêter dans un hôpital psychiatrique. Je crois savoir que la trisomie est un sujet auquel vous ne connaissiez rien. C’est cela le point de départ ?

Il y a des choses que je connais et d’autres auxquelles je ne connais absolument rien. Ce n’est pas une limite. Je me renseigne, et cela me tenait à cœur. Cette chose de la trisomie 21, c’est pour le regard enfantin que ces personnes ont sur le monde. On dirait que la vieillesse n’agit pas sur eux. Les personnes que j’ai rencontrées même à 50 ans étaient très jeunes.  Et cela m’a servi pour prendre cet adulte avec une mentalité d’enfant et passer à travers lui des fantaisies pour voir le monde à travers ses yeux.

 

Vous avez des personnes trisomiques proches de vous pour comprendre un peu leur façon de penser ?

Pas du tout. Sur les choses où il fallait que je sois un peu plus documenté, j’ai pris des livres, internet et ma femme est médecin, elle a elle-même des amis médecins qui travaillent en centres spécialisés, je voulais savoir pour la cohérence. Le reste c’est de l’imagination. C’est moi, et j’ai inventé des choses pour servir le personnage.

 

Pourquoi le roman est-il un roman « littérature jeunesse » d’après vous ?

Ce sont mes premiers pas en littérature jeunesse. C’est un livre que je dédie à la jeunesse pour sensibiliser, dés le plus jeune âge…

 

Mais quand vous avez commencé à écrire, c’était aussi à l’intention de ce public ?

C’était quelque chose que j’avais déjà commencé à écrire, que j’avais dans un coin. J’ai rencontré Francine Bouchet (ndlr : Directrice de la Joie de Lire), et je lui ai proposé quand je l’ai terminé.

 

Il y a eu des changements entre le début de l’écriture du manuscrit et le moment où vous êtes arrivé à la Joie de Lire ?

Non, non. Très peu. Deux trois petites phrases. Et après quelques corrections sur le style.

 

Comment avez-vous travaillé pour ne pas rendre ce personnage caricatural ?

J’écris mes personnages de manière très sincère, comme si c’était moi en fait. Je n’invente pas. Gaspard, c’est moi. Je ne suis pas trisomique, mais ça pourrait être moi si je l’étais. Je mets dedans ma curiosité intellectuelle, je suis très curieux de tout.

 

Comme Gaspard vous écrivez plein de choses sur des carnets ?

Je l’ai beaucoup fait, jusqu’au jour où je me suis demandé ce que j’allais faire de tous ces carnets. Je n’ai pas mis d’index, je ne peux pas m'en servir quand j’écris mes romans. C’est très compliqué de classer des citations, des phrases, tout ça. Quand j’écris un livre, je note plein de choses, plein d’anecdotes. Dans ce livre, il y a plein d’anecdotes sur tous les thèmes : cinéma, etc. C’est de la culture générale, j’adore ça !

 

Vous changez totalement de public avec ce titre, est-ce un peu un pari pour vous ?

Oui. C’est se remettre en question. C’est passer d’une position un peu plus confortable à revenir à zéro. Je l’ai tout le temps fait dans ma vie ! J’ai changé de profession… Une fois que j’ai acquis certaines connaissances dans un domaine, je pars vers autre chose et je recommence depuis le bas. Je suis quelqu’un qui adore découvrir plein de choses et j’ai fait exactement pareil pour les livres.
 

Les jeunes lecteurs, c’est nouveau pour vous ?

Non. Avec mes précédents livres, je suis lu par des jeunes. Le Fakir a été lu par des jeunes de 12-13 ans. Même s’ils ne comprennent pas tout, ils ont leur vision du livre. Il y a quelques mois, j’ai rencontré les jeunes lecteurs du Détective…  Je vais souvent dans les classes pour rencontrer les jeunes lecteurs, ils ont le plus souvent 16-17 ans. J’aime bien leur sincérité et leur spontanéité. Ils sont intéressés par le métier d’écrivain. Comme je suis policier, ils m’ont déjà demandé si j’avais tué quelqu’un…

 

Vous sentez que vous allez écrire d’autres des romans « jeunesse » ?

J’écris énormément et j’ai déjà mes prochains livres « adultes », mais en parallèle, j’ai un prochain livre « jeunesse » à proposer à mon éditrice...


 

Romain Puertolas – Un détective très très très spécial – Éditions La joie de lire – 9782889083800 – 15,90 €


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