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"Si je reste", sortez (à nouveau) les mouchoirs !

Fred Ricou - 17.09.2014

Edition - gayle forman - si je reste - mort


Mia a 17 ans. Heureuse dans sa vie, ses jours sont bercés par ses deux parents ex-punk, son petit frère Teddy, sa meilleure amie Kim et par le beau Adam, son premier amour. Elle est violoncelliste, lui chanteur et guitariste dans un groupe de Rock et même si elle le voit moins souvent quand il est en tournée, leur relation est presque merveilleuse.

Jusqu'au jour où toute la petite famille roule sur une route enneigée de l'Oregon et là,  se produit un effroyable accident de voiture.

 

Mia se réveille dans la neige, se lève, ne comprend pas ce qu'il s'est passé, regarde autour d'elle, voit les secours s'affairer autour de… son corps qui lui est allongé et en mauvaise posture !

Arrivée à l'hôpital, son corps dans un coma profond, elle voit défiler famille et amis en pleurs… Les médecins annoncent à ses grands-parents que ses parents n'ont pas survécu à l'accident et que pour Mia tout peut basculer d'un moment à l'autre. Teddy, quant à lui, est également dans le coma…

 

Commence alors pour l'adolescente et pour le spectateur une alternance entre les souvenirs heureux et l'atroce présent. Que va-t-il se passer ? Doit-elle tout quitter et laisser dans ce monde les gens qui l'aiment ou doit-elle rester et vivre dans le monde des vivants avec cette énorme perte pour le restant de ses jours ?

 

 

Si je reste est l'adaptation du roman de Gayle Forman (Oh ! Editions) que nous avions rencontré à sa parution. L'auteure, très attachée à ce film, en est également l'un des quatre producteurs.

 

Est-ce que le film fonctionne ? Oui, incontestablement.

 

Après Nos étoiles contraires qui racontait l'histoire d'amour entre deux ados victimes du cancer, Si je reste va également faire pleurer des litres de larmes aux spectateurs. Mais là où certaines productions américaines jouent la surenchère à grands coups de violons (de violoncelle pour le cas présent) Si je reste est finalement assez sobre dans le genre.

 

Les acteurs sont pour la plupart excellents, même si la jeune Chloë Grace Moretz est parfois moins juste que les autres. Une mention spéciale à Joshua Leonard et Mireille Enos que l'on aurait adoré avoir comme parent ! Dans le film, les relations familiales sont extrêmement bien réalisées, justes et drôles.

 

Maintenant, il y a quand même l'omniprésence de cette marotte américaine « La famille, c'est trop bien ! » que l'on nous sert depuis des dizaines d'années et c'est parfois un peu trop. Le beau garçon sans aucun défaut, qui souffre au fond de lui et qui pose ses yeux sur la petite violoncelliste sans importance alors que toutes les filles du lycée fantasmes sur lui à déjà, lui aussi, été vu mille fois.

 

Ces deux gros clichés ne gênent finalement pas le propos du film qui est la relation de chacun avec la mort, de comment survivre après un drame et c'est effectivement le plus intéressant dans cette histoire.

 

Le côté « fantastique » est un habile prétexte pour parler de sujets graves (d'ailleurs il est étonnant de voir l'âme (ou le fantôme) de Mia qui ne traverse pas les murs, elle doit attendre qu'une porte s'ouvre pour passer d'une pièce à l'autre…)  et l'on sort du film avec un questionnement : qu'aurait-on fait à sa place ?  Serions-nous partis ou restés ?

 

 

Retrouvez l'interview de Gayle Forman que nous avions réalisé en juin 2009.

 


Interview vidéo Gayle Forman - Si je reste par LesHistoiresSansFin



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