Succès pour la pièce FABLES, d'après Jean de la Fontaine !

Lauren Muyumba - 10.06.2013

Edition - Théâtre - Fables de la Fontaine - Animaux


Les Fables de la Fontaine ont été interprétées au Théâtre de Belleville à Paris du 17 avril au 9 juin. Mais, victimes de leur succès, elles se poursuivront jusqu'au 28 juillet 2013, du jeudi au samedi à 19h30 et le dimanche à 17h. Deux comédiens font surgir de détritus (cartons, sac plastiques...) des animaux déjantés et drôles. Ils se livrent corps et voix pour jouer le rôle de personnages cultes qui ne sont en fait que le miroir de l'Homme.

 


Les critiques ont été bonnes et les rires sont allés bon train, comme le montre cette vidéo. Cela méritait bien plusieurs dates en plus pour ceux qui n'ont pas encore vu le spectacle ! La compagnie de théâtre Tabola Rassa invite à redécouvrir l'oeuvre de Jean de la Fontaine. L'auteur et poète du XVIIe siècle qui a réussi à faire passer des messages dédiés aux adultes, à travers des histoires aux allures enfantines. Ainsi, de son temps, il a pu se moquer du roi avec ruse, sans pour autant être jeté en prison ! Les morales de ses fables peuvent résonner aux oreilles de tous les âges.

 

Les enfants pourront se plonger dans un spectacle qui met en valeur une forme littéraire brève et efficace. La fable est un type de narration ancestral, déjà utilisé au Moyen Age et dans l'Antiquité, traversant les ères et les frontières : tradition orale que l'on peut retrouver chez les indiens comme chez les grecs. En 2013, les fables touchent encore le coeur des petits et des grands, par leur finesse et leur caractère imagé.

 

Un message à la fois ancien et contemporain

 

La compagnie Tabola Rassa a plus d'un tour dans son sac pour diffuser sa propre morale. La troupe a créé "Fables" en 2009, leur deuxième spectacle après celui inspiré de L'avare de Molière présenté en 2003 qui évoquait la raréfaction de l'eau potable. L'équipe explique sur son site internet officiel que "notre deuxième travail aborde les conséquences de notre production colossale de déchets et, à cette fin, les utilise comme un « outil théâtral », qu'il soit accessoire, attribut, scénographie ou qu'il soient « marionnettisé »".


"Dans les deux cas, c'est bien de la destruction de la nature par l'homme dont nous voulons parler. Et pourtant dans les deux cas nous recherchons un Théâtre accessible mais élaboré, pauvre par ses moyens mais riche par son pouvoir d'évocation, un Théâtre qui dénonce sans être didactique… un Théâtre, enfin, où trône en roi l'imagination et l'intelligence humaine."

 

Un message actuel et à intérêt général dont tout le monde peut tirer des leçons. L'idée ? Utiliser des oeuvres théâtrales anciennes pour les mettre au goût du jour, puisque leur thème est universel. Une manière de les transposer dans le monde contemporain et d'aborder les préoccupations qui vont avec.

 

Jean de La fontaine faisait lui-même allusion à la violence que l'homme excerce sur ses semblables et sur la nature dans Le loup et l'agneau, L'homme et la couleuvre, Rien de trop, Les animaux malades de la peste, L'oiseau blessé d'une flèche… La compagnie Tabola Rassa met en scène quinze fables de Jean de La Fontaine, dont celles-ci. A une époque où le nombre d'espèces animales en voie de disparition augmente sans cesse, il était judicieux d'utiliser les célèbres animaux des Fables de la Fontaine.


Jean de la Fontaine écrivait d'ailleurs :
"De tous les animaux l'homme a le plus de pente
À se porter dedans l'excès.
Il faudrait faire le procès
Aux petits comme aux grands".

 

 

Adaptation : Jean-Baptiste Fontanarosa, Asier Saenz de Ugarte, Olivier Benoit

Avec : Jean-Baptiste Fontanarosa, Olivier Benoit
Création lumière et son : Jorge García / Sadock Mouelhi
Construction, accessoires et marionnettes : Maria Cristina Paiva
Mise en scène : Olivier Benoit
Production : Compagnie Tàbola Rassa



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