Thierry Magnier : La littérature jeunesse dénigrée, “Y'en a marre !”

Fred Ricou - 04.02.2016

Edition - Thierry Magnier - SNE Jeunesse - Editeur


Nouvellement élu depuis hier, mercredi 3 février, au poste de Président du groupe jeunesse du Syndicat National de l'édition, Thierry Magnier a présenté cinq points qu'il compte mettre en avant lors de son mandat.

 

 


Thierry Magnier a expliqué uax Histoires Sans Fin, les raisons qui l'avaient poussé à se présenter comme président du groupe jeunesse, au sein du SNE.

   

« J'étais au bureau depuis deux ans, il se passait des choses intéressantes, il y avait une équipe intéressante qui faisait un beau boulot. Mais j'avais aussi des choses à faire. Et comme Hélène Wadowski (directrice du département jeunesse chez Flammarion, NdR) démissionnait, je me suis naturellement proposé en me disant “pourquoi pas ?”. »

 

Dans les cinq points évoqués plus haut, le premier concerne directement le S.N.E Jeunesse puisque l'éditeur compte « modifier les statuts du bureau avec une présidence de trois ans renouvelable une fois seulement, pour que tout le monde puisse participer à cet engagement. »

 

Parmi les annonces importantes, Thierry Magnier souhaiterait « provoquer les États généraux de la littérature jeunesse.

 

On va analyser la chaîne de l'auteur à l'éditeur : en fait on se retrouve avec des gens qui font tous leur boulot, qu'on aime bien. Et on s'aperçoit qu'ici, certains ne sont pas contents de leur remise, d'autres ne sont pas satisfaits de leurs pourcentages sur les contrats. Il y a plein de petits conflits d'un bout à l'autre de cette chaîne, avec beaucoup de quiproquos, de malentendus. Je pense que, mettre cela à plat une bonne fois pour toutes, cela va peut-être permettre de pouvoir analyser cette chaîne et faire en sorte que tout le monde s'y sente bien. […] Se parler d'une façon très simple : qu'est-ce qui ne va pas et que peut-on faire pour y remédier. »

 

En deuxième point, et pas des moindres, le nouveau président souhaite entretenir les relations avec le Ministère de la Culture et de la Communication « pour demander une grande visibilité de la littérature jeunesse digne de ce nom dans les chaînes et les radios publiques. Je crois savoir que dans leurs statuts, chez Radio France et France Télévisions, ils ont un quota pour la littérature jeunesse*. Or, là, c'est un peu peau de chagrin et ce serait bien que l'on puisse essayer d'avancer là-dessus. Une émission ou deux... quelque chose qui se passe et pas le mercredi, à 6 h du matin. Une présence correcte, et pas forcément longue, mais une vraie visibilité ».

 

Le Ministère de la Culture et de la Communication n'est pas le seul concerné puisque Thierry Magnier souhaite également renforcer les « échanges avec le ministère de l'Éducation nationale pour que la littérature jeunesse rentre dans les programmes de formation des professeurs des écoles, mais aussi des enseignants en général. Et qu'elle ne soit pas une option, mais vraiment un travail de fonds dans leur apprentissage. Ça nous semble nécessaire, pour qu'il y ait une vraie connaissance : la littérature jeunesse est méconnue de la plupart des gens, et ils ne se rendent pas compte qu'il y a un véritable travail éditorial, d'écriture et d'illustration. »

 

Pour finir, le nouveau président du S.N.E Jeunesse pense « instituer un prix de littérature ado, à l'automne, peut-être même à l'automne prochain, en même temps que le Goncourt et le Renaudot. Un prix national : il nous faut trouver des sages qui seraient indépendants de tout éditeur, et qui prendront des romans français, sortis de la rentrée littéraire, avec une liste, deux, trois, et un(e) lauréat(e). Initier un rendez-vous avec la littérature adolescente qui ne soit pas durant Montreuil, ni Noël, ni un festival ou un salon. Qu'elle soit littérature, au même titre que la Littérature. »

 

Bien entendu, il faudra attendre la fin du mandat pour savoir « si tout le monde est satisfait. Et puis, il y a tout le travail d'Hélène à continuer, ce qui a été fait par le Bureau plus généralement d'ailleurs. […] Et avec une équipe cohérente, efficace dynamique, j'ai besoin de tout le monde pour que l'on obtienne la reconnaissance de cette littérature. Y'en a marre de cette absence. »

 

*NDLR : Nous ferons des recherches plus poussées sur le sujet. Après lectures des cahiers des charges de Radio France et France Télévisions, nous n'en avons trouvé trace.



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