Algorithme modifié, Facebook peut désormais s'en laver les mains

Nicolas Gary - 02.02.2018

Edito - fake news facebook - réseau social facebook - algorithme


EDITO – Ô désarroi, ô vanité, ô caprices de la nature. Un mois déjà que l’année nouvelle a soufflé sa bougie, et les bilans annuels s’alignent, plus que les petits fours. Les grands rendez-vous annuels se profilent, et certains exposent déjà leurs projets pour les grandes vacances – à défaut de les poser. 


Fake News #Canada150
Fred, CC BY SA 2.0

 

Loin de suspendre son vol, le temps s’en va ma bonne dame, las le temps non, mais nous décampons. Le journaliste est celui dont on attend qu’il fasse l’inventaire de ces journées fuyantes : plus proche des Annales de Tacite que des Travaux et les jours d’Hésiode. Et pourtant, le journaliste est un historien comme les autres. 

 

Simplement, il rend compte en temps réel de l’agitation quotidienne, prenant parfois la mesure d’un mouvement, en englobant plus largement le spectre de ses investigations. 

 

Mais journaliste littéraire, définitivement, est un milieu à part : un pied dans les catalogues anciens, un regard vers les publications de demain, les deux mains (voire les pieds) sur les sorties du moment. Le tout avec cette vigilance aux nouveautés, aux événements. Ici une création de librairies, là une fermeture ; unetelle, qui part, untel, qui arrive, et bien d’autres choses. 

 

Avec la modification de l’algorithme de Facebook, et cette prépondérance accordée aux posts des amis, la presse va cependant vivre une étrange année. À cette heure, 15 % du trafic de ActuaLitté provient du réseau social : probablement faut-il s’attendre à ce que cela diminue dans les prochains mois – les publications seront moins vues : comment pallier ce manque ?

 

Ce sera le cas pour les éditeurs, pour les libraires, pour les bibliothèques : simplement parce que l’évolution porte sur une valorisation des profils et non des pages. Soit les professionnels recourent à des investissements publicitaires, soit ils seront aux abonnés absents. Il en va de même pour les vidéos, pourtant prisées précédemment par le réseau.

 

Cette démarche, prétexte Facebook, vise à éliminer les fake news, cette pollution de la toile, rapportant rumeurs et ragots, avec l’auréole de la sacro-sainte vérité. Pourtant, Facebook a gagné de l’argent avec les partages de ces informations pourries. Mais plutôt que de prendre des mesures drastiques, le réseau préfère en limiter la visibilité.

 

En somme, les marques devront payer plus pour apparaître plus – une perspective très sarkozyste dans la démarche. Dans le même temps, plus d’informations personnelles seront partagées, donc plus de Big Data permettant au réseau de cibler bien plus encore les diffusions publicitaires. 

 

De quoi laisser rêveur, et songeur, pour tous ceux qui ont déjà dépensé d’importantes sommes pour la promotion de posts sur leurs pages, ou le recrutement de fans. L’intelligence artificielle prend le pas, une fois encore, sur l’intelligence – et prétextant notre bonheur, Mark Zuckerberg, créateur de Facebook, nous prend tout bonnement pour des cons.

 

À moins que nous ne lui ayons déjà prouvé qu’il avait raison ?

 




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