Apprendre, ou à laisser : sur la plage des pavés

Nicolas Gary - 18.08.2017

Edito - rentrée littéraire 2017 - romans lectures lecteurs - médiation livres partager


EDITO – Un jour, ou une nuit, on balancera tout. TOUT. Le lendemain, faudra déménager la rédaction en Croatie — en tout cas, le faire croire : on sera au Monténégro. Les adresses IP du moins. Parce qu’il faudra disparaître totalement. Ne laisser aucune trace. Ah, monde merveilleux de l’industrie du livre… 


Charging Bull - New York City
Sam Valadi, CC BY 2.0

 

 

ActuaLitté va célébrer dix années d’existence, et avec le temps, la boutique s’est assagie – comprendre, se montre plus exigeante dans la publication d’informations. Parce que dans le même temps, pour imaginer des bêtises, il nous reste tout l’enthousiasme de la jeunesse. 

 

Gniarf.

 

Évidemment, avec le temps, sont venues les sollicitations : ici un voyage de presse exclusif à Vegas, là une édition collector reliée-main à l’or fin ou encore cette luxueuse villa avec vue sur le dernier étage de l’immeuble H. à Vanves (avec piscine ET jacuzzi). Cela, sans compter les dîners improvisés sur la terrasse de l’Oiseau blanc — sixième étage de l’hôtel Peninsula. 

 

En somme, on travaille dur. 

 

Mais ces occasionnelles compromissions de l’intégrité journalistique ne résultent, finalement, que d’une reconnaissance justifiée. Si on est bons, il faut avant tout remercier ceux qui nous font confiance. Et les amers grâce auxquels nous prenons le large.  

 

Pas simple d’être au quotidien le chevalier blanc façon Edwy P., et de chercher à équilibrer les forces dans un monde passablement bancal. Heureusement existent les amis avec qui l’on peut prendre une bière en cas de journées interminables : la pression se compte en bars, et s’évacue de la même manière. 

 

re-Gniarf.

 

D’ailleurs, la réussite dérange : oh, c’est simple à voir, suffit de s’en donner la peine et l’on voit que les détracteurs ne manquent pas. Même les plus acharnés — je pense à toi, qui crus un jour pouvoir acheter la rédaction avec quelques bannières publicitaires. Plaisantin… 

 

Si tu savais à quel point nous sommes hors de ces choses. Et combien tu en as oublié que l’enjeu premier, dans nos métiers de médiateur, réside dans la rencontre provoquée entre l’information et son destinataire ! 

 

Entre le lecteur, dernier juge, et le livre, premier accusé.

 

La rentrée littéraire, cette année, nous avons décidé d’en jouer pleinement le jeu — du moins, avec les maisons qui nous ont conviés. Pour les autres, l’année prochaine ? Certainement, oui. Plus de livres, de découvertes et de chances de rencontrer les lectures qui accompagneront l’automne — oui, les lectures, soyons optimistes. (le dossier rentrée littéraire est ici)

 

Nous proposerons également des découvertes inédites, issues de l’édition indépendante, celle où les auteurs avancent seuls face aux lecteurs. Le livre n’a jamais été aussi divers : les chances de croiser la route d’un texte à sa mesure, autant que celles de convaincre des lecteurs. 

 

C’est le rôle que nous avons toujours assumé.

Cette année, plus que jamais. 
 



Humeur et billets de la rentrée littéraire 2017


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