Edito : Mieux que lire des livres, les relire

Nicolas Gary - 11.12.2015

Edito - Hypérion Endymion - Dan Simmons - livre numérique offre


Que l’on affectionne le thé au citron et les madeleines ou les sangliers de banquets gaulois, qu’importe : on replonge toujours avec bonheur dans des lectures anciennes. Cet espace confiné, cosy, soyeux, ce lieu à soi, avec ces personnages que l’on a accompagnés bien des fois. Laure Murat s’était fendu d’un essai sur la question, Relire, enquête sur une passion littéraire. La conclusion s’exprime simplement : dans cette lecture, on est aussi confortablement installé que dans le vieux pull du week-end.

 

 

 

Relire, donc. Entre deux semaines marathoniennes, et trois autres de course contre la montre, prendre le temps de renouer avec ses lectures favorites, c’est arrêter le temps. Permets, lecteur, que je te raconte le bonheur infini que j’ai pris à retrouver Dan Simmons et sa fresque pharaonique, ce cycle qui ressemble à la plus belle histoire d’amour jamais écrite, Hypérion et Endymion. Ah, oui, bien sûr, c’est un vilain genre : c’est de la science-fiction, cette sous-littérature que l’on regarde, méprisant, en se pinçant le nez. 

 

Pourtant, trouver des auteurs de cette Grande Littérature dont on se gargarise à pleine bouche, qui arrivent à la cheville de ces quatre livres, est un défi que je ne relèverai pas. Dans le Panthéon de la science-fiction, tout amateur citera le cycle – l’intégralité du cycle, malheureux – Dune, de Frank Herbert, les récits fous et hallucinés de Philip K. Dick, et Dan Simmons. Les autres romanciers du genre ne méritent certainement pas la poubelle : mais cette triade, définitivement, est incontournable. 

 

Elle est d’autant plus incontournable qu’elle rend difficile la lecture d’autres livres du genre, tant ces trois bonshommes ont défriché des mondes, créé des personnages écrasants de charisme, attendrissants, ou même terrifiants, et pathétiques. Bref, dans mon Panthéon, Dick, Herbert et Simmons.

 

Hypérion, c’est l’art renouvelé des Contes de Canterbury, avec des histoires débordantes d’imagination. Le tout avec pour trame de fond un conflit intergalactique entre humains et post-humains – les Extros. Et bien entendu, un TechnoCentre, excroissance parasitaire de l’humanité, dérive évidente (inéluctable ?) de notre réseau internet. 

 

Et le Gritche. Figure effrayante, hérissée d’épines, les bras couverts de rasoirs tranchants, diablement. Un monstre qui répand la Souffrance, comme une forme de Justice. On lui a même conféré un Arbre de la Douleur, pour épingler ses victimes. Puis deux yeux rouges, impassibles.

 

Le Gritche, Art Book

 

 

Endymion prolonge Hypérion. Plutôt que des pèlerins, c’est un binôme que l’on suit, Enée, 12 ans, et Endymion de dix ans plus âgé. Deux créatures séparées par le temps, l’espace, et qui devront affronter le pire renouveau de l’Église catholique, gangrénée par une association contre nature. Un livre-monde, pour voyageur assoiffé d’horizons et d’univers. 

 

Et le Gritche. Parce qu’il n’existe pas de bonne suite sans un personnage si attachant.

 

Le cycle de 4 tomes en intégrales, ou 8 huit tomes en poche, est une splendeur. Voyages dans l’espace, fuites cryogéniques, résurrection, paradoxes temporels : rien ne manque. Le tout construit pour aboutir à cet instant de grâce, ce dernier et ultime chapitre, majestueux, magique, splendide... pardon, les mots viennent à manquer. 

 

L’intégrale Hypérion et La chute d’Hypérion est proposée pour 9,10 € par Pocket. Les quatre tomes format poche d’Endymion, toujours vendus par Pocket, sont proposés pour 7,70 €, 7,30 €, 8,40 € et 8,40 €. Sinon, ce sera en Broché grand format pour 24,50 € pour chacun des deux volumes. 

 

En version numérique, les deux volumes Hypérion sont vendus 12,99 €. Pareil pour Endymion, deux volumes à 12,99 € pièce. 

 

Sur le site de l’éditeur, une intégrale est proposée pour 24,99 €. Mais aucun revendeur en ligne ne la commercialise. D’ailleurs, tout porte à croire que Robert Laffont a tiré un trait sur son auteur. 

 

Grâce à un bouquiniste, j’ai pu racheter l’intégrale, certainement prêtée à un ami peu consciencieux, pour une dizaine d’euros...

 

Quand est-ce que l’on envoie le Gritche pour règler ce genre de chose ?