Misère et splendeur d'une rédaction internet

Nicolas Gary - 29.05.2015

Edito - rédaction journalisme - internet informations - confiance crédibilité


Tout accouchement doit intervenir dans la douleur, il y a un livre, là-bas, qui le dit et le répète. Alors, par la force de l’habitude, chacun s’est construit avec cette idée. Hier, le travail a duré non-stop 12 heures, pour que ce fameux bébé s’extraie du serveur de développement, pour découvrir internet. Et cela fait relativiser deux ou trois choses.

 

Robot lecteur (robot reading)

 

Après plus de trois années d’existence, la nouvelle maquette du journal s’imposait. Parce qu’il faut répondre à des impératifs techniques qui contraignent l’existence même du média : le référencement, la simplicité du code, les outils de diffusion qui évoluent et d’autres embarras dont on se passerait volontiers. 

 

Cette évolution technologique s’imposait autant que l’évolution de la ligne éditoriale était flagrante. Depuis sept ans maintenant, ActuaLitté cherche, creuse parce qu’il faut apprendre sans cesse. Et communiquer les informations, qu’elles soient frivoles, délicates, douloureuses, etc. Les critères esthétiques, propres à chacun, impliquent malgré tout de refléter un air du temps – sans être dans le vent, cette ambition de feuille morte.

 

Parlons donc une seconde de journalisme, de croiser les sources, de reprendre les informations, d’enrichir si possible, de découvrir, être les premiers, complet : devenir une source de référence. C’est un métier, on nous l’a déjà dit, comme si nous l’avions oublié – comme si nous pouvions l’oublier. 

 

Avec cette maquette, ActuaLitté affirme deux choses : la volonté d’un site plus grand, plus riche et le souhait d’une ligne éditoriale qui remplisse son rôle, tant pour les professionnels de l’édition, que pour un plus grand public. Internet se moque bien de savoir qui sont les lecteurs : il leur donne des articles à lire. Reste au média la responsabilité de ses publications, de leur qualité, de leur indépendance, cela va de pair. Et donc, sa capacité à fidéliser – quand on travaille pour des réseaux sociaux, on dit « recruter ». 

 

Restons humains : fidéliser, dans le sens d’une relation de confiance. Si le média est fiable, sérieux sans se prendre au sérieux, l’internaute lui accordera sa confiance. Et reviendra. Restons humains : parfois, nous sommes aussi capables de bourdes. De jolies bourdes. Tout le monde apprend...

 

Les observateurs, auront constaté que de nouvelles sections ont fait leur apparition, comme une place plus grande accordée aux comics, mais également au multimédia. L’un des rôles qui incombent à une rédaction, c’est le choix des faits à relater. « Il y a tellement de blogs comme le vôtre sur internet qu’un article sur le traitement des livres à travers internet n’a aucun intérêt », expliquait une consœur au lancement de notre site, le 14 février 2008.

 

Elle avait raison : il y avait tellement de blogs... La tâche était trop vaste. Elle se trompait pourtant lourdement : le journaliste regarde, examine et sélectionne. S’il s’ouvrait beaucoup de sites, c’est qu’une effervescence se constatait. Et qu’elle méritait de l’intérêt. 

 

Nous espérons conserver cette vigilance, vis-à-vis de l’effervescence. Et arriver à contenter plus de lecteurs encore.