Le premier qui parle de la carte du village d'Astérix, Obelix Latium !

Nicolas Gary - 27.10.2017

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EDITO – PAR TOUTATIS ! Banquet tragique chez les Gaulois : deux pages perdues. Dans sa lettre d’info du 20 octobre, la fée de la BD, Clochette, en aurait perdu sa poudre magique : le nouvel Astérix était raboté de deux pages aussi mythiques que traditionnelles. La carte d’Armorique, aux zoubliettes, et itou pour la présentation des personnages. 



crédit BDFugue, aka oeil de lynx...

 

 

BDFugue avait été le premier à découvrir l'angoisse de la page blanche (l'album n'a jamais si bien porté son nom). Et patiemment, le libraire BD avait listé les hypothèses, parfois les plus improbables, pour tenter de comprendre.

 

« Est-ce une erreur ? Cela ne ressemble pas aux Éditions Albert René...

Une source d’économie ? 1 page multipliée par 2 millions d’exemplaires, ça doit compter pour quelque chose...

Une source d’écologie ? 2 millions de pages, ça doit bien faire quelques arbres qu’Idéfix n’aura pas sur la conscience...

Une rupture éditoriale ? Peut-être, mais pourquoi n’y a-t-il eu aucune communication ? Sans doute pour éviter une levée de boucliers Arvernes... »

 

Sollicité, le groupe Hachette a envoyé une porte-parole dans l'arène répondre à la presse, et qui explique : « Nous avons inséré une carte de l’Italie dans l’histoire. Nous jugions cela plus utile que de mettre une carte de la Gaule. C’est un parti pris éditorial. »

 

Un parti pris éditorial... certes, mais pour les lecteurs, les fans, les aficionados, les fidèles et tous les autres, cela relevait plutôt du nid de poule. Le genre de choses qui vous flingue une roue, et adieu la course.

 

Il y avait pourtant plein de bonnes idées et justifications apportées par le billet de BDFugue pour ne pas se draper dans une posture martiale, ainsi que 20 Minutes l’a rapportée.

 

Alors, certes, on peut arguer que dans Astérix en Corse, cette même carte de la Gaule occupée par l’envahisseur avait disparu, au profit de celle de Corse. « Sauf que le principe était bien respecté, et opéré avec le panache des deux auteurs. Ici, c’est plutôt opéré par le département marketing », s’amuse une libraire parisienne.

 

Sauf qu’on trouve soudainement bien envahissant le nouveau propriétaire des éditions Albert René.

 

Un spécialiste de la bande dessinée évoquait une autre solution : faire disparaître la marque de fabrique d’Uderzo et Goscinny. Étant donné qu’il est impensable (voire impossible, contractuellement) de faire disparaître leurs noms sur la couverture, on s’attaquerait aux symboles ? Mais une fois encore, à quelles fins ?

 

« Même Assurancetourix doit en rester sans voix », plaisante notre libraire. Mais cette histoire laisse tout le monde pour le moins dubitatif. « Parce que, ce qui est remarquable, du coup, et particulièrement rare, c’est que l’album commence sur la page de gauche », note-t-elle.

 

Belenos en a les moustaches qui frisent, Ordralfabétix envisage de porter un recours à Rome, et César himself répète en boucle : « Tu quoque, Hachettum Libri. » 

 

Mais avec plus de sérieux, et moins l’envie de rire, comme si la vis comica avait perdu de sa superbe, on entend ici et là, commenter : « Quoi qu’on en dise, ce n’est certainement pas une erreur, mais ce sont des stoliditates, assurément. » Stoliditas... pas certain que ce soit du latin classique, ça.