Le Syndicat national de l’édition en guerre contre la liberté de la presse ?

Nicolas Gary - 03.07.2020

Edito - SNEgate SNE presse - liberté information presse - intimidation pression diffamation


Certains épisodes rappellent que la liberté de parole n’autorise pas chacun à dire n’importe quoi : le Syndicat National de l’Édition, au nom de ses 767 adhérents, s’arroge le droit d’accuser notre média de « procédé illégal ». Et ce, en dépit de la mission d’information du public.


 

Les faits, strictement : l’assemblée générale du SNE s’est, du fait de la crise sanitaire, déroulée par Zoom. Un lien permettant de consulter l’intégralité de la vidéo de cette AG a surgi, rendu public sur les réseaux. On y découvre les stratégies à déployer — notamment en ce qui concerne l’élection de représentants syndicaux des artistes auteurs, sujet essentiel pour ces derniers. Pourtant sollicité après son AG, le SNE avait opposé un refus de répondre aux demandes.
 
Aujourd’hui, ce Syndicat se fend d’une allégation dont la gravité — « procédé illégal » ! – porte tout à la fois atteinte à l’honneur et la considération de ActuaLitté. Mesure-t-il la calomnie du tweet qui éclabousse ses adhérents ?
 
Ignore-t-il délibérément que la liberté d’information découle du droit fondamental à la liberté d’expression, reconnu à l’article 10 de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, et l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ?
 
En aucun cas le SNE ne peut accuser à hue et à dia notre journal de recourir à un « procédé illégal », infraction passible de sanctions pénales, par une menace juridique à peine voilée.



 
On ne saura nous reprocher l’irresponsabilité qui consiste à oublier de sécuriser l’accès à une vidéo ni la gravité des paroles qu’elle a portées au grand jour. D’ailleurs, en nous blâmant d’avoir écrit sur ce sujet, le Syndicat confirme, persiste et signe. Par négligence, désinvolture ou incompétence, pris la main dans le pot à cookies, le voici qui se débat, tempête et pèche par forfanterie.
 
Et diffame qui pis est.
 
Nous refusons de croire que la majorité des éditeurs membres du Syndicat, avec qui nous travaillons au quotidien, en toute indépendance, adhère à cette accusation. De combien d’éditeurs se fait-il la voix, prenant parti(e) pour tous, quand ce métier incarne la liberté de publier, de créer, d’informer ?

Face à la diffamation et l’accusation, comme indiqué sur nos réseaux : « On s’interroge. Et on est fâchés. Et on se réserve le droit d’engager toute procédure légale pour faire valoir nos droits. »
 
Leur communiqué contempteur est incompatible avec la liberté d’expression dont le SNE compterait pourtant parmi les garants, et revendiquée par l’ensemble de l’interprofession. En matière de droit, le SNE n’est pas l’arbitre des élégances.
 
Quand le singe montre la lune, les imbéciles regardent le doigt. Pour l’honneur et notre part, objectif Mars.



Commentaires
Les Editions du Net sont choquées de l'accusation qui circule contre elles sur les réseaux sociaux. Elles confirment qu'elles sont totalement étrangères à la divulgation du contenu d'une téléconférence du Syndicat National de l'Edition (SNE) dont elles sont membres. Henri Mojon Président
Bonjour (la politesse, ça prend toujours de court)

J'ignore comment vous savez tout cela, mais vous ne devriez pas le divulguer de la sorte sur internet : certains pourraient vous croire.

Non, plus sérieusement, "ce n'est pas fini" n'est pas une formule comminatoire. Leur réaction aura des conséquences, tout simplement.

Faut pas partir au quart de tour de la sorte smile
Vous parler d'une l’élection de représentants syndicaux des artistes auteurs,comme si c'était une chose acquise, alors qu'il ne s'agit que d'une idée émise par un petit groupe d'auteurs. C'est tout à fait tendancieux, cher Nicolas !
Bonjour Mathias

Il s’agit de l’une des propositions du rapport Racine, validée par le ministre de la Culture, l’auriez-vous oublié ?

Qui tient en ce cas des propos tendancieux ?

D’ailleurs on entend assez peu la SGDL sur le sujet, alors qu’elle est mise en première ligne : auriez-vous des nouvelles de vos correligionnaires ?
Petit rappel des propos tenus par le président du SNE

"Il faut essayer, à mon sens, de continuer à dialoguer avec le CPE. Ne serait-ce que pour que les votes dans les nouveaux… dans la nouvelle organisation des auteurs soient en faveur de la SGDL et du CPE. Montrer qu’il y a un dialogue avec les éditeurs et qu’il y a de véritables avancées."



Il est vrai que ni le CPE ni la SGDL n'ont encore pointé leur museau dans cette affaire. Trop à perdre à réagir ?
Il ne s'agit en rien d'une "idée émise par un petit groupe d'auteurs", mais du code du travail. En l'état, les auteurs n'ont PAS de représentation professionnelle légale, qu'importent les ambitions du CPE (non représentatif et où siègent des salariés d'OGC qui ont parfois des positions contraires au bénéfice des auteurs et autrices).



Organiser des élections professionnelles permettrait de remettre de l'ordre, de laisser la BASE, les auteurs et autrices, choisir qui les représente réellement. Si c'est le CPE qui gagne tous les sièges, allons-y pour le CPE, malgré les critiques que ça engendrera. Mais l'important n'est pas que telle ou telle organisation s'impose : l'important est que les auteurs PUISSENT CHOISIR LEUR REPRÉSENTANTS. Qui parle pour eux face aux éditeurs, à l'Etat, aux diffuseurs.



Le CPE, ça part d'une bonne idée, mais comme toutes les bonnes idées, ça a fini par dériver. Et même si c'est une bonne idée, ça reste une organisation non-élue - donc illégitime pour représenter les auteurs et autrices de France.



Demander l'avis des concernés, c'est quand même la base absolue de la démocratie, et c'est ce que veut la Ligue. Et j'ai beaucoup de mal à comprendre comment des organisations qui prétendent représenter tous les auteurs peuvent trouver pertinent de se passer d'élections professionnelles...



A moins qu'elles cherchent seulement à conserver leur prééminence et que de vraies élections démocratiques mettent à mal leur mainmise sur le dialogue social et la représentation, bien sûr - mais je n'ose avoir de si vilaines pensées. Après tout, nous sommes "tous unis pour le bien des auteurs"... rolleyes
"quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt", sage, singe... c'est peut-être un des trois sages de la singesse ? hum...
Entre l'humiliation de l'effet Streisand, la mauvaise foi notoire, l'incompréhension dont ils font preuve et la bêtise de leur message, il faut se demander si le SNE n'a pas tout simplement perdu pied, dans les grandes longueurs.

Comment peut-on, sans imaginer le retour de flamme, publier un pareil communiqué, sans bon sens ni prudence ? Quels éditeurs, en France, se reconnaissent dans ce post ?
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.