#PayeTonAuteur, droit d'auteur : la semaine #EpicFail

Nicolas Gary - 22.04.2018

Edito - auteurs unesco rémunération - payetonauteur ateliers UNESCO - journée livre droit auteur


EDITO – Le combat des auteurs pour obtenir une reconnaissance de leur statut est une course de fond. Car l’idée qu’un auteur est à la disposition d’organisations, sans que ces dernières n’aient à payer pour son intervention, s’ancre dans une tradition écrasante.


Epic Fail Guy
Stuart Caie, CC BY 2.0

 

La journée est belle, et prêterait à sourire en plein soleil, d’autant plus que le 23 avril s’approche. Journée consacrée par l’UNESCO comme dédiée au livre et au droit d’auteur, elle sera pourtant vilainement entachée. Pour animer ses ateliers, l’organisation a sollicité de sa propre initiative des auteurs pour réaliser les accompagnements. 

 

Et leur expose sans rougir que pour cet investissement, ils ne seront pas payés. En fait, cette action repose sur le seul bénévolat, pleinement assumé et revendiqué par l’organisation. Laquelle s’est manifestement peu tenue informée du mouvement #PayeTonAuteur. Initié quelque temps avant le début du salon du livre de Paris, il revendiquait une juste rémunération pour les auteurs qui allaient intervenir au cours de la manifestation.

 

Parce que cela n’allait pas de soi. Le cynisme est poussé jusqu’à affirmer que les illustrateurs se verront offrir les fournitures nécessaires à leur intervention. Mais sans aucune rémunération. Et une fois encore, Twitter est devenu la caisse de résonnance démultipliée de cette simple revendication. 

 

Journée du droit d'auteur :
l'UNESCO paye les fournitures, pas les auteurs

 

La revendication, une fois encore, tente de se faire entendre avec un message simple : le métier d'auteur implique un respect de l'activité, et une rémunération quand on lui demande d'animer un atelier.

Et pour tenter de faire entendre raison à l'UNESCO, les messages se sont multipliés, tous accompagnés du hashtag qui était parvenu à faire plier les organisateurs de Livre Paris.

 

Certains sont bien moins sarcastiques, et mettent le doigt où l’on a mal.

 

Et pendant ce temps, dans le monde numérique...


Étonnante coïncidence, ActuaLitté dévoilait en milieu de semaine un réel problème de commercialisation de livres chez Kobo et Fnac. Des titres entrés dans le domaine public au Canada étaient commercialisés par un éditeur. Problème : non seulement certains de ces titres étaient évidemment toujours sous droit en France, mais, surtout, d’autres n’étaient pas même dans le domaine public canadien

 

Sous 24 heures, après notre article, Kobo avait très discrètement fait amende honorable, et les ebooks ont alors disparu. En revanche, Fnac n’a toujours pas mis à jour sa base de données : les livres numériques contrevenants sont encore référencés et commercialisés. Sic.

 

Jean-Marc Dupuis, directeur de Rakuten Kobo France s’était fendu d’un message à l’attention d’ActuaLitté : « Tout ce que nous entreprenons est destiné aux lecteurs, et notre mission est de leur offrir des recommandations personnalisées de livres qu’ils vont, nous l’espérons, adorer. Il nous a été rapporté qu’une sélection de livres provenant de notre store ne respectait pas la réglementation du domaine public en France, et par conséquent, nous avons rapidement retiré ces livres de notre offre en France. Nous souhaitons continuer à développer notre offre avec du contenu de qualité, et nous prenons chaque commentaire au sérieux afin de mieux servir nos bibliophiles, mais également afin de protéger les auteurs et leur travail. »

 

Mais bien entendu, aucune explication sur la présence de l’offre en délicatesse avec le droit français. On s'amusera de ce qu'une mission tournée vers les lecteurs, par des recommandations judicieuses, ait été menée à bien avec des ebooks indélicatement commercialisés.

Et pas même un merci à ActuaLitté... Probablement demain : pour la journée du livre et du droit d’auteur, ce serait la moindre des choses. Il devrait y avoir plein de stabilos pour nous écrire de jolis messages.

 

 


Commentaires

Comment des personnes peuvent elles accepter d'être traitées comme des esclaves?? UNESCO ou pas, si les organisations ne payent pas, tout le monde rentre chez soi ! Et alors non seulement ils ne recommenceront pas mais ce sera un avertissement pour les autres...😀😁😂😄😆

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.