Pédaler pour lire : “Avec ces vélos, on mélange de saines habitudes”

Nicolas Gary - 20.11.2019

Evènement - enfants vélo lecture - histoire pédaler découvrir - littérature jeunesse


Tout est parti de l’idée que l’on pourrait bien joindre deux mondes qui se regardent d’ordinaire en chiens de faïence. Pour Véronique Fontaine, fondatrice des éditions Fonfon, l’idée de pédaler pour découvrir une histoire est un projet test. Certes. Mais surtout, un moyen de donner accès différemment à la lecture.

vélos littéraires
 

La société québécoise Atracktiv avait inauguré en juin 2018 des vélos musicaux : un principe “hautement fun” comme on dit ici. Quatre vélos, reliés à une console de mixage, chacun en mesure de produire une ligne musicale – celle d’un instrument, de la rythmique, du chant, des chœurs, etc. « Avec Julien Leblond, fondateur d’Attraktiv, nous avons eu l’idée de transformer les vélos musicaux en vélos de lecture… », indique Véronique Fontaine.
 

Recycler des applications pour stimuler la lecture


Trois vélos ont été réunis pour ce faire. Et tout en conservant la dimension collaborative, il fallait remanier le contenu. Justement, la maison d’édition avait produit une série d’applications autour de ses livres, par le passé. « Il y avait des effets sonores, une narration, des animations… L’application était pour iPad et nous avons reçu de nombreux prix pour ces projets, mais pour les ventes, c’est l’enfer, quand on n’est pas une grosse machine. On est perdu dans l’App Store. »

Avec ces contenus existants, il devenait possible de faire quelque chose, et transformer le modèle applicatif en récréation ludique. « On a repris tout le système applicatif, pour l’adapter et lui donner une nouvelle vie avec ces vélos. »

Julien Leblond nous précise : « Notre idée de travailler avec de la matière littéraire remonte à quelque temps : avec les œuvres de Véronique, j’ai développé le code et le système pour rendre l’ensemble interactif, faire s’afficher les images et le son. » Ici, en effet, les cyclistes vont, de par leurs efforts mutuels, faire apparaître le récit — mais pour ce faire, il faudra vraiment pédaler.



 

Le sens de l'effort partagé


L’énergie de chacun permettra, suivant une jauge d’efficacité, d’afficher une partie du texte. « Si l’on est seul, on n’aura qu’un tiers du livre. À deux, s’en affichera un peu plus, et à trois, toute l’histoire sera visible », poursuit Julien Leblond. 

À l’occasion du Salon du livre de Montréal, les vélos sont donc en libre accès, et quatre histoires des éditions Fonfon sont à parcourir — au sens propre ! 

Meuh où est Gertrude, de Benoit Dutrizac, illustration Marianne Chevalier, et Vincent Gagnon
Anatole qui ne séchait jamais, de Stéphanie Boulay et Agathe Bray-Bourret 
Un à zéro pour Charlot, de Jannick Lachapelle et PisHier
La reine et que ça saute, de Caroline Allard et Guillaume Perreault

Véronique Fontaine
Véronique Fontaine

 

Susciter la curiosité, vertu contagieuse


Le projet-pilote laisse rêveur. « Mon rêve serait que les élèves pédalent pour lire », s’amuse Véronique Fontaine. « On sait que certains ont besoin de bouger, mais le besoin de lecture est un enjeu de société. Alors si l’on apprend qu’en plus, pédaler de concert, partager l’effort, permet à tous de profiter de l’histoire, alors on a quelque chose d’autre. »

Car si l’on ne pédale pas à fond, l’écran n’affiche pas grand-chose, voire rien. « On avait expérimenté ces vélos dans un parc avec la bibliothèque de l’arrondissement de Pointe-aux-Trembles, à Montréal : c’était en extérieur et les gens s’encourageaient… tout est devenu extrêmement participatif. Et l’on avait associé culture et activité physique. » 

Des curieux qui regardent, amusés, avec une curiosité au moins piquée au vif. « C’est ça : si pédaler, quand on est enfant, devient amusant et fait découvrir une histoire, alors peut-être que l’on peut susciter l’envie d’un livre papier en plus. »

Pour Julien Leblond, la dimension pédagogique est évidente : « Avec ces vélos, on mélange de saines habitudes ! Et d’autres applications autour du livre peuvent s’envisager. Surtout si l’on prend en compte le principe de gamification, où les cyclistes se challengent. Bien sûr, on recherche la curiosité, parce que c’est une qualité contagieuse et essentielle dans la lecture. »


Dossier : Salon du livre de Montréal 2019 : Se raconter

photos et vidéo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


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